Marchés actions européens : pourquoi il ne faut pas renoncer à l’Europe

Par MainFirst

Aussitôt la pandémie contenue, l’économie mondiale a rapidement affiché une reprise significative. En fait, la demande a augmenté de manière si soudaine et si forte que l’offre n’a pas pu suivre, en raison notamment d’une multitude d’obstacles. L’Europe, et ses nombreux modèles économiques cycliques, est l’une des bénéficiaires de ce boom. Découvrez le potentiel de rattrapage de l’Europe dans le présent document rédigé conjointement par Olgerd Eichler et Thomas Meier.

Une sortie de crise dynamique

Les économies américaine et asiatique ont rapidement retrouvé une croissance économique plus élevée grâce à une gestion plus cohérente de la pandémie. Ces pays font désormais office de moteurs de croissance pour les pays axés sur l’exportation. L’Europe connaît une reprise retardée, mais d’autant plus dynamique, après la crise. Le marché actions européen présente le plus grand potentiel de rattrapage parmi les économies développées. En effet, les entreprises européennes, en particulier, bénéficieront largement d’une accélération de l’économie mondiale. L’inflation favorise les entreprises cycliques, que l’on retrouve en grand nombre sur le marché actions européen.

Les crises renforcent les entreprises florissantes

L’appétit pour les dépenses et la consommation se réveille. Les mesures de relance vont générer une demande supplémentaire à l’avenir, c’est pourquoi la reprise devrait être pérenne. Pour nous, le plus important est que la crise favorise les entreprises qui rencontraient déjà un certain succès. Elle ne fait que les rendre meilleures. Les efforts de réduction des coûts des années précédentes ont été intensifiés à la suite de la pandémie de coronavirus, de sorte que de nombreuses entreprises sont exceptionnellement économes et efficaces. Dans la phase actuelle de demande accrue, les ventes en hausse rencontrent une base de coûts faible, ce qui stimule fortement les marges et les bénéfices.

De la croissance dans de nombreux secteurs

En particulier, la dynamique de croissance des bénéfices des sociétés européennes dépasse actuellement de manière significative celle des sociétés américaines et il est peu probable que cette tendance s’inverse au cours des prochains trimestres. Cette évolution se reflète également dans les perspectives de création de flux de trésorerie disponibles. En moyenne, les entreprises européennes affichent les rendements de cash-flow disponible les plus élevés de tous les marchés développés. De plus, les entreprises européennes bénéficient globalement d’un niveau de dividende intéressant et plus élevé que dans les autres régions.

Un vent favorable sur le front monétaire

Durant la crise, beaucoup d’entreprises ont bénéficié de mesures de soutien gouvernementales, qui ont non seulement assuré leur survie, mais ont également constitué une bonne base de sortie de crise. L’effet positif des mesures de politique budgétaire des gouvernements devrait se poursuivre, le programme d’infrastructure américain et le Fonds européen de relance économique, notamment, apportant un nouvel élan. La politique monétaire des banques centrales reste favorable. L’environnement structurel de taux d’intérêt bas est ancré dans un avenir prévisible.

Le moteur : l’inflation

Nous constatons une augmentation de l’inflation à court et moyen terme. Après la réduction des stocks et le report des investissements lors de la crise, de nombreux acteurs du marché et entreprises n’étaient pas préparés à une reprise aussi dynamique de la demande. Maintenant, la question est avant tout celle de la capacité de livraison – le prix est secondaire. Les capacités de transport sont limitées et les prix sont exorbitants. Les entreprises ayant un pouvoir de fixation des prix sont particulièrement avantagées, car elles peuvent répercuter les coûts plus élevés sur les clients finaux. En parallèle, les coûts pour le consommateur vont également augmenter dans les années à venir en raison de la réglementation grandissante, comme les tarifs progressifs sur les émissions de dioxyde de carbone. Dans cette configuration générale, la montée en puissance de l’industrie va de pair avec la hausse de l’inflation. Cela favorise à leur tour les entreprises cycliques, que l’on retrouve fréquemment sur les marchés actions allemands et européens.

En cas de maintien d’un niveau d’inflation élevé dans les années à venir, les banques centrales devront réagir, même si les hausses de taux d’intérêt risquent de sembler homéopathiques dans un contexte historique. Si le niveau d’inflation persiste au-dessus de l’objectif d’inflation, nous considérons qu’une intervention des banques centrales, telle qu’elle est actuellement discutée aux Etats-Unis, est réaliste. Dans un contexte historique, les actions cycliques ont représenté une couverture efficace contre l’inflation. C’est une autre raison pour laquelle nous privilégions de nombreuses entreprises européennes par rapport à celles d’autres régions et aux valeurs défensives, dans la mesure où elles disposent d’un fort pouvoir de fixation des prix en raison de leur dépendance vis-à-vis des exportations et de leur structure cyclique.

Des écarts significatifs

Depuis fin mars 2020, le marché actions européen a sous-performé son homologue américain d’environ 25%. Les valorisations présentent également un écart important : les actions américaines, par exemple, se négocient avec une prime de près de 35% mesurée par le rapport cours/bénéfices comparé aux actions européennes. Vu les fortes divergences de valorisation, nous pensons que les investisseurs se concentreront davantage sur les entreprises européennes. Par ailleurs, à la différence du marché européen, le marché américain est fortement influencé par les entreprises du secteur technologique, qui pourraient être exposées à une plus grande volatilité suite aux réglementations à venir, aux plans fiscaux américains et au début de la sortie de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale (taper tantrum).

Le potentiel des valeurs cycliques

Dans l’ensemble, nous voyons un potentiel considérable pour les actions. Les taux d’intérêt restent très bas – malgré une inflation en hausse, car les banques centrales et les gouvernements du monde entier ne veulent pas prendre de risques majeurs sur les marchés financiers. Le marché actions européen présente le plus fort potentiel de rattrapage parmi les économies développées. Les entreprises allemandes, en particulier, bénéficieront considérablement d’une accélération de l’économie mondiale. Alors que les marchés actions mondiaux enregistrent actuellement de nouveaux sommets historiques, de nombreuses valeurs individuelles se négocient encore bien en dessous des niveaux d’avant la crise. Nous voyons les meilleures opportunités dans les secteurs moins populaires tels que les banques, les compagnies d’assurance ou l’industrie cyclique. Les banques notamment ont très bien traversé la crise grâce à une bonne capitalisation et à un provisionnement suffisant des risques. Les paiements de dividendes ne sont pas tant annulés que reportés : avec la permission de les reverser, les banques rentables et bien capitalisées redeviennent des actions à dividendes intéressantes.

Auteurs: Olgerd Eicher, Portfolio Manager des fonds MainFirst Germany Fund et MainFirst Top European Ideas Fund, et Thomas Meier, Portfolio Manager des fonds MainFirst Global Dividend Stars et MainFirst Euro Value Stars