Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Ça valait bien la peine de mettre une pression de dingue sur ce pauvre Powell. Alors que depuis son retour à la Maison Blanche, il réclame à cor et - surtout - à cri que la Fed mette impérativement.
Tout ça pour ça ! Ça valait bien la peine de mettre une pression de dingue sur ce pauvre Powell. Alors que depuis son retour à la Maison Blanche, il réclame à cor et - surtout - à cri que la Fed mette impérativement de l'eau dans son vin monétaire, Donald Trump n'était même pas là pour assister à l'évènement, la semaine dernière.
Il faut dire que l'annonce d'une baisse de 25 pb pour ramener les taux directeurs US dans une fourchette de 4 à 4,25% était légèrement attendue. Pas de quoi, donc, décommander un petit tour de royal carrosse à Windsor. Et puis, tout porte à croire qu'il aurait préféré que l'instance lâche un peu plus de leste. Genre 50 pb, comme l'a suggéré le vote - dans ce sens - de son conseiller économique, Stephen Miran, fraîchement parachuté à la table ronde des gouverneurs de l'instance. Mais, point trop n'en faut ! Ce n'est pas comme si l'économie américaine était à l'article de la mort. Ni que l'inflation était définitivement bâillonnée. D'ailleurs, une semaine après la publication d'un indice des prix à la consommation ressorti en rebond à 2,9% sur un an (août), la décision de Jerome pourrait presque passer pour une marque d'affection à l'égard de Donald.
Mais, on le sait, les deux hommes sont loin de convoler en juste bromance. Et la reprise d'un cycle de baisse des taux tient moins à l'inflation - que l'on anticipe prendre durablement ses quartiers autour de 3% - qu'au marché du travail qui semble couver une petite grippe. Sans être totalement alarmant non plus, le taux de chômage (repassé à 4,3% en août) semble fébrile - même s'il n'en reste pas moins collé au plancher. Plus marquant, toutefois, les créations d'emplois n'ont culminé qu'à 22.000 postes en août, loin des 79.000 recensées le mois précédent. Et, plus loin encore, des 140.000 dénombrées en janvier dernier. Il n'empêche, on a connu des prétextes plus argumentés pour justifier une détente monétaire. Plus dans l'anticipation que dans la réaction d'une réelle dégradation, la Fed semble surtout surveiller - avec zèle - l'emploi comme le lait sur le feu de la politique trumpienne (droit de douanes, immigrations, DOGE…). Avec, peut-être aussi, le risque de déjouer ses propres pronostics de deux nouvelles baisses de taux d'ici la fin de l'année.
Le regain d'appétit pour le risque s'est prolongé aux seules actions qui se sont distinguées au cours d'une semaine jalonnée par les réunions monétaires. Outre la Fed, la BoE et la BoJ, les banques du Canada et de Norvège devaient aussi statuer sur leur taux. À l'issue de ce programme, le compartiment obligataire a terminé dans le rouge. Les matières premières aussi qui se distinguent à la baisse. Malgré les tensions sur l'offre dues aux frappes ukrainiennes sur plusieurs raffineries russes qui ont soutenu les cours en début de semaine, les craintes relatives à la demande ont, dans un second temps, effacé ces gains. Le Brent a ainsi conclu, vendredi, sous les 67 dollars le baril.
Malgré des annonces largement anticipées, le ton général dovish adopté par plusieurs banques centrales (Fed, BoC, Norges Bank) a entretenu l'appétit pour les actions. Sans surprise, ce sont les indices américains qui se distinguent à la hausse entraînant dans leur sillage les marchés émergents et, dans une moindre mesure, européens. À l'inverse, c'est l'Asie-Pacifique qui signe la plus forte baisse hebdomadaire. Depuis le début de l'année, l'Europe continue de faire la course en tête, talonnée par les émergents. À l'autre bout, les actions américaines, qui ont fortement rebondi depuis avril, ferment la marche.
Dans cette tendance générale dovish favorable au risque, notamment pour les actions - les obligations ne brillent pas forcément. Pour la deuxième semaine consécutive, l'investment grade termine dans le rouge. Du reste, si le court terme se maintient à l'équilibre, dans le sillage des actions, le haut rendement signe la seule hausse hebdomadaire du compartiment. Il en profite pour creuser un peu plus l'écart au classement général avec les autres segments.
Marquée du sceau des banques centrales, cette semaine a également été un peu agitée sur le front souverain où les rendements se sont légèrement tendus de part et d'autre de l'Atlantique. Aux États-Unis, le 10 ans s'est élevé de 7 pb sur la semaine. Comme ces dernières semaines, la tendance était moins marquée en Europe où les 10 ans allemand et français ont respectivement pris 4 et 6 pb. À noter que le spread franco-allemand s'est, pour sa part, sensiblement resserré, refluant vers les 70 pb.
S'il est un compartiment qui a été particulièrement marqué par cette semaine monétaire, c'est bien celui des changes. Pourtant largement anticipée, la baisse des taux américains a surtout pesé sur le dollar qui a reculé, sur l'ensemble de la semaine, face aux autres devises. Et notamment l'euro. Mardi, la paire s'est en effet rapprochée du seuil de 1,19 (voir graphique) alimentant le scénario de la voir prochainement franchir le cap de 1,20. Ce alors que la Fed anticipe deux nouvelles opérations du genre jusqu'à la fin de l'année et que la BCE a mis, a priori, son cycle de baisse entre parenthèses.