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Liquidité reine (Pictet AM).
C’est LE chiffre de la semaine. La masse monétaire a atteint un record à USD140,000 milliards en juillet dernier – soit une hausse de USD20,000 milliards en trois ans.
Par Christopher Dembik, Senior Investment Adviser chez Pictet Asset Management
Tout ceci, sans récession mondiale. Plus de 77% des banques centrales sont engagées dans un cycle d’assouplissement. Certaines sont proches de la fin. C’est le cas de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui pourrait abaisser son taux directeur une dernière fois de -25 points de base. D’autres ont plus de marge de manœuvre. Aux États-Unis, la politique monétaire est sans conteste restrictive. La baisse de -25 points de base du loyer de l’argent par la Réserve Fédérale (Fed) la semaine dernière n’est qu’un commencement. Le marché monétaire estime qu’elle pourrait encore abaisser son taux au total de -100 points de base d’ici fin 2026. C’est cohérent avec le scénario d’une économie américaine en phase de ralentissement, avec une croissance légèrement sous son potentiel de 2%.
Cet afflux de liquidité dans l’économie ne signifie pas que la croissance mondiale va s’étoffer. C’est plus compliqué que cela. La liquidité peut alimenter des bulles ou encore maintenir en vie des entreprises zombies. En revanche, il est rare qu’une récession intervienne dans ces conditions. Surtout, une partie de cette liquidité va irriguer les actions. C’est en général positif pour la bourse. Historiquement, une baisse des taux par la Fed est systématiquement synonyme de hausse du S&P500 sur un an. Nous avons assez peu de doutes que ce soit encore le cas cette fois-ci.
Autre point qui a son importance : en raison de l’accroissement de la détention d’actions par les ménages américains depuis la Covid, le président Trump a tout intérêt à garder un œil sur l’évolution de la bourse à l’approche des élections à mi-mandat de 2026. Finis les coups d’esclandre qui ont pu provoquer quelques remous au printemps dernier. C’est un autre facteur qui devrait permettre aux actions de connaître une bonne orientation dans les mois à venir.
Le calendrier des prochaines baisses de taux aux États-Unis est incertain. Cela va dépendre de l’inflation. Une partie de la hausse des prix générée par les taxes douanières devrait se répercuter sur les prix à la consommation au quatrième trimestre. Cela va dépendre également du marché du travail. Au cours des dernières semaines, il a envoyé des signaux contradictoires. En se basant sur les derniers indicateurs, la dynamique des créations d’emplois est moins favorable. On constate en particulier une hausse du taux de chômage des minorités (7,5% pour les populations noires en août contre un taux pour l’ensemble de la population à 4,3%). C’est d’habitude le signe annonciateur d’un ralentissement plus prononcé. Pour en avoir le cœur net, il faudra surveiller les inscriptions hebdomadaires au chômage qui permettent d’avoir un aperçu en temps réel de l’évolution du marché du travail américain.
L’Espagne et l’Italie s’affirment comme les nouveaux poids lourds bancaires du continent. Santander (EUR125 milliards de capitalisation) et Unicredit (EUR103 milliards) dépassent désormais leurs homologues françaises, avec des performances supérieures : coefficients d’exploitation autour de 40% contre 60 % en France, et des ROE dépassant 20%. De quoi accentuer la recomposition d’un paysage bancaire européen de plus en plus concurrentiel !