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Les bulles financières résultent généralement de valorisations irréalistes et de l’activité spéculative.
Certains de ces indicateurs, voire tous, étaient présents lors de nombreuses bulles financières historiques, des Années folles (1920) à la crise financière mondiale de 2007/2008. Toutefois, le marché d’aujourd’hui est plus souvent comparé à la bulle Internet de la fin des années 1990, lorsque la généralisation de l’accès à Internet a favorisé une hausse rapide des valorisations des sociétés basées sur Internet. Si la bulle Internet s’est formée sur la base d’une croyance dans le pouvoir révolutionnaire de cette technologie, certains esprits sceptiques suggèrent qu’une tendance similaire se dessine actuellement en raison de la frénésie autour de l’IA générative.
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\nAlors, sommes-nous dans une bulle ou non ?
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\nIl est indéniable que les marchés sont en hausse depuis le début de 2024, le S&P500 ayant clôturé à un niveau record en janvier, avant de battre ce même record à peine deux mois plus tard.3 Une grande partie de cette croissance est due aux Magnificent Seven, dont la capitalisation boursière a augmenté de plus de 80 % depuis janvier 2023.4
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\nBien que ces gains puissent paraître impressionnants, une analyse plus nuancée indique que nous ne sommes pas dans le cadre d’une bulle, du moins pas encore. Voici pourquoi.
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\nTout d’abord, les professionnels de la finance ont remarqué que les valorisations actuelles semblent moins extravagantes qu’il y a trois ans, lorsque la saga des actions-mèmes battait son plein, qui est peut-être l’exemple le plus récent et le plus flagrant d’une surévaluation. L’enthousiasme se concentre de manière plutôt classique autour de sociétés établies qui affichent de solides bénéfices, plutôt qu’autour d’un groupe d’étoiles filantes aussi tendance qu’éphémères. Les ratios cours/bénéfice indiquent que les Magnificent Seven sont plus étroitement alignés sur le marché dans son ensemble qu’il y a trois ans, certains analystes suggérant même que ces sociétés se négocient à bas prix.5
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\nEn outre, lorsque l’on compare la situation présente aux bulles précédentes, les montants des dettes de marge sont relativement limités sur le marché actuel. L’activité des options, qui sert de baromètre du comportement spéculatif, se maintient également dans la moyenne, et si de nouveaux acheteurs sont entrés sur le marché, leur activité reste plutôt modeste.
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\nQue doivent savoir les investisseurs ?
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\nSi les investisseurs semblent s’accorder sur le fait que nous ne sommes pas encore dans une bulle financière, il est important de comprendre ce qui pourrait nous y mener.
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\nLes taux d’intérêt constituent le premier facteur déterminant. Des taux faibles signifient qu’il est possible d’emprunter à peu de frais, ce qui peut encourager les traders à investir des capitaux et pousser le marché à la hausse. La Réserve Fédérale américaine (Fed) devrait procéder à plusieurs réductions de ses taux directeurs en 2024, ce qui trancherait radicalement avec l’environnement de taux élevés de ces dernières années. Les baisses de taux pourraient entraîner un afflux de capitaux sur le marché et renforcer la tendance à la hausse.
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\nCependant, une inflation plus forte que prévu pourrait signifier que la Fed ne réduirait pas ses taux, ou les réduirait moins que ce qui est attendu.6 Ce « pivot » pourrait alimenter l’incertitude au sein de l’économie, générant une pression de vente et un ralentissement potentiel.
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\nLe deuxième facteur est l’IA générative. Si les Magnificent Seven dominent sans conteste les marchés, une analyse plus poussée révèle des perspectives plus nuancées. Les trajectoires de ces sociétés semblent diverger, et si Nvidia et Meta Platforms montent en flèche,7 Tesla et Apple sont en train de s’effondrer. Nvidia, en particulier, a vu le cours de ses actions augmenter de près de 90 % cette année.8
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\nLa croissance de Nvidia et de Meta a été attribuée aux investissements que ces deux sociétés ont réalisés dans l’IA générative, qui devrait, selon de nombreux professionnels de la finance, révolutionner le marché du travail et l’économie. Cependant, si cette nouvelle technologie ne tient pas ses ambitieuses promesses, il est possible que nous assistions à une correction de marché considérable.
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\nPar ailleurs, il n’est pas trop tôt pour prendre des précautions contre la concentration record du marché autour de seulement quelques valeurs. En effet, cette même concentration est à l’origine de la nouvelle problématique du risque spécifique à l’entreprise, un type de risque traditionnellement très dilué dans les principaux indices boursiers mondiaux, même lors de bulles financières.
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\nLa question de ce risque spécifique commence à prendre forme en raison du fait que trois des Magnificent Seven, Tesla, Apple et Google, ont perdu de la valeur sur des marchés en hausse depuis le début de l’année. Pour l’instant, ces baisses de valeur ont été plus que compensées par les performances stellaires de Nvidia et Meta, mais rien ne garantit que cela va continuer.