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La montée des tensions entre Washington et Téhéran ravive la volatilité des marchés mondiaux et remet le pétrole au cœur des équilibres macroéconomiques.
La montée des tensions entre Washington et Téhéran ravive la volatilité des marchés mondiaux et remet le pétrole au cœur des équilibres macroéconomiques. Entre risques géopolitiques, effets sur les actions et repositionnement des portefeuilles, les investisseurs cherchent à distinguer perturbation temporaire et choc durable.
L'actu marché du 04 mars 2026 par les équipes de Fidelity International
Le scénario central prévoit une prime de risque géopolitique élevée sur le pétrole plutôt qu’une rupture structurelle de l’approvisionnement mondial en énergie.
Les implications pour les différentes classes d’actifs sont variées : les États-Unis sont relativement protégés en tant qu’exportateur d’énergie, tandis que l’Europe et certaines parties de l’Asie sont plus exposées à une perturbation prolongée.
Le positionnement des portefeuilles reste ancré sur les fondamentaux à moyen terme, avec la diversification, la discipline en termes de duration et la sélectivité sur les actions et le crédit comme maîtres mots pour gérer la volatilité.
Les marchés sont rapidement passés de la réaction à l’exposition médiatique à l’intégration d’un événement géopolitique plus durable dans les cours. Ce qui semblait au départ cohérent avec de précédents épisodes de tensions accrues au Moyen-Orient a évolué vers une phase d’escalade plus complexe.
L’énergie demeure le principal canal de transmission de cette crise. Le problème concerne non seulement la production mais aussi le transit. Environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de produits raffinés passent par le détroit d’Ormuz. Bien qu’il n’ait pas été officiellement miné ou bloqué, le trafic a considérablement ralenti, intégrant une prime géopolitique sur le pétrole, visible surtout sur le Brent.
Dans le cadre des scénarios précedemment décrits, les marchés sont passés d’une hypothèse d’affrontements contenus au pricing d’une escalade plus soutenue, tandis qu’un blocage total du détroit demeure un risque extrême. La durée est la variable macroéconomique clé. Il faudrait que le pétrole reste à des niveaux élevés pendant trois à quatre mois pour que cela ait un impact significatif sur l’inflation et la croissance. Un pic temporaire est gérable. Une période prolongée de prix élevés se répercuterait sur les stocks, les marges et le pouvoir d’achat, impliquant un resserrement plus marqué des conditions financières.
Contrairement à 2022, qui a marqué une réorientation structurelle des relations énergétiques en Europe, les tensions actuelles s’apparentent davantage à un épisode de perturbations. Les flux commerciaux devraient reprendre une fois les tensions apaisées.
Les contraintes politiques comptent également. Les États-Unis sont exportateurs d’énergie et disposent d’outils pour gérer les pressions sur les prix domestiques. En année électorale, les prix de l’essence sont des variables sensibles et les marchés actions constituent une contrainte supplémentaire. À ce jour, les seuils en question n’ont pas été franchis.
Les actions ont abordé l’année 2026 avec des multiples supérieurs aux moyennes historiques, notamment aux États-Unis, soutenus par des perspectives de croissance robuste des bénéfices et des investissements portés par l’IA.
Cette escalade géopolitique impose une réévaluation de la prime de risque appropriée. Cependant, les chocs géopolitiques de courte durée ont tendance à accroître la volatilité et la dispersion, davantage qu’à détériorer durablement les marchés actions.
La question centrale est celle de la durée, notamment en raison du canal de transmission exercé par les prix de l’énergie vers l’inflation et les taux d’intérêt. Une hausse prolongée des prix du pétrole et du gaz comprimerait les marges des secteurs les plus demandeurs d'énergie et réduirait le pouvoir d’achat. L’impact en termes géographique est asymétrique : les États-Unis, exportateurs d’énergie, sont relativement préservés ; l’Europe et une grande partie de l’Asie sont importatrices nettes d’énergie.
Des effets sectoriels se dessinent également. Les compagnies aériennes font face à des coûts de carburant plus élevés et à des perturbations dans les principaux hubs du Moyen-Orient, tandis que les marchés du transport maritime voient les taux de fret se raffermir. Les entreprises industrielles doivent être surveillées attentivement en raison de potentielles pressions sur leurs coûts.
Le cycle d’investissement dans l’IA reste un facteur déterminant. Les grandes entreprises technologiques ne sont pas indifférentes aux coûts liés à l’énergie, notamment là où les prix du gaz et de l’électricité influent sur la compétitivité des data centers.
En l’absence de perturbation prolongée sur l’approvisionnement en énergie, la croissance des bénéfices devrait rester le principal moteur des performances. La diversification entre régions et secteurs demeure essentielle.
Le conflit survient dans un contexte où la croissance mondiale atteste d’une certaine résilience et la dynamique des investissements est soutenue, notamment aux États-Unis. Les dépenses d’investissement liées à l’IA continuent de soutenir la croissance nominale.
Les marchés ont abordé cet épisode de manière constructive et en étant significativement exposés, contribuant à des ajustements plus marqués à court terme.
Au sein des portefeuilles multi asset, l’approche consiste à rester investis compte tenu de la solidité des fondamentaux, tout en se renforçant de manière sélective sur les segments vendus de façon indiscriminée du fait du positionnement.
Par ailleurs, les valeurs refuges n’ont pas toutes réagi de façon uniforme. L’or, dont le positionnement était fort, s’est légèrement replié ces derniers jours mais reste une allocation défensive importante, et nous y augmentons notre exposition de manière sélective. Le dollar américain s’est renforcé en ligne avec l’aversion au risque, bien que cela puisse partiellement refléter un positionnement antérieur. Les marchés des bons du Trésor ont été volatils, incitant à une recherche plus vaste de sources de diversification défensive.
La différenciation géographique demeure essentielle. Les États-Unis bénéficient d’une relative indépendance énergétique et d’une croissance nominale robuste. L’Europe semble plus exposée en cas de choc énergétique prolongé. Le Japon, qui a fortement corrigé, conserve des moteurs de performance constructifs à moyen terme.
Le pétrole reste central pour le positionnement sur les marchés obligataires. Sur la plupart des marchés développés, l'exposition à la duration est neutre à sous-pondérée, compte tenu du risque que des prix du pétrole durablement élevés puissent rehausser les anticipations d’inflation. Le crédit Investment Grade de court terme est privilégié comme allocation défensive.
L’Asie présente une perspective différente. Les devises régionales ont effacé une partie de leurs gains, bien que les devises de meilleure qualité se soient montrées relativement défensives. La Chine se distingue : avec une inflation faible - IPC à 0,2 % - il existe une marge de manœuvre pour un assouplissement monétaire. Les obligations d’État chinoises ont servi de valeur refuge et la duration y est surpondérée par rapport aux autres marchés.
Les spreads de crédit en Asie se sont écartés de manière ordonnée. Les spreads sur le segment Investment Grade ont peu varié, tandis que ceux sur le High Yield se sont légèrement écartés. Compte tenu de la pénurie structurelle de crédits solides dans la région, un écartement plus marqué des spreads attirerait probablement la demande des investisseurs en quête de revenus diversifiés.
Les tensions sur les devises des marchés émergents méritent également de l’attention. Si les banques centrales devaient puiser dans leurs réserves de change pour stabiliser les taux de change, cela pourrait se répercuter sur les marchés obligataires mondiaux. Cela étant dit, l’univers des marchés émergents est loin d’être homogène, les exportateurs d’énergie profitant de la hausse des prix, tandis que les importateurs subissent une pression accrue.
La trajectoire des prix du pétrole reste le baromètre le plus clair de l’appréciation de la situation par les marchés. Le Brent porte la prime géopolitique, tandis que les prix du brut américain restent relativement protégés du fait de la flexibilité de l’offre domestique.
Les signaux politiques, notamment aux États-Unis, sont également cruciaux compte tenu de la sensibilité domestique aux prix de l’énergie.
Pour l’instant, les marchés intègrent une prime de risque prolongée plutôt qu’un choc systémique de l’approvisionnement en énergie. La durée de la hausse des prix du pétrole et les développements autour du détroit d’Ormuz détermineront si l’impact macroéconomique reste contenu.
Les portefeuilles doivent rester diversifiés et sélectifs, ancrés sur les fondamentaux à moyen terme tout en conservant la flexibilité nécessaire si les prix élevés du pétrole venaient à perdurer.