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Entre tensions géopolitiques persistantes, flambée des prix du pétrole et mutation des anticipations monétaires, les marchés financiers semblent intégrer l’idée d’un conflit.
Entre tensions géopolitiques persistantes, flambée des prix du pétrole et mutation des anticipations monétaires, les marchés financiers semblent intégrer l’idée d’un conflit durable au Moyen-Orient. Une situation qui redessine déjà les équilibres entre classes d’actifs.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 16 mars 2026
Les marchés intègrent progressivement l’hypothèse d’un conflit long au Moyen-Orient, avec un impact durable sur l’inflation et les politiques monétaires.
Les matières premières, en particulier le pétrole, tirent leur épingle du jeu tandis que les obligations souffrent et que les actions résistent relativement.
Le dollar s’impose comme actif refuge privilégié, au détriment de l’or et des emprunts d’État.
Les guerres, on sait quand ça commence, jamais quand ça se termine. Et, à l'évidence, celle qui se tient au Moyen-Orient ne déroge pas à la règle. Au grand dam de Donald Trump qui annonçait en début de semaine que le conflit était sur le point de se terminer. "Deux, trois tomahawks et puis s'en vont" semblait être la seule doctrine militaire du président américain. Car désormais engagé sous la mitraille, le régime des mollahs n'entend pas rendre les armes de sitôt, souhaitant même embarquer la région et, à sa suite, le monde dans son péril. En bombardant les infrastructures énergétiques des pays voisins, tout d'abord. Mais surtout, en clampant l'artère vitale d'Ormuz et menaçant ainsi l'économie mondiale d'une embolie pétrolière. La brusque flambée du prix du baril, lundi dernier, à 120 dollars en est le symptôme le plus manifeste.
La fin de semaine au-delà des 100 dollars tend à confirmer que Téhéran est engagé dans un long métrage militaire. Les gardiens de la révolution veulent laisser du temps au temps de la guerre. Et, depuis quinze jours, la perception des marchés a changé. L'idée d'un conflit au long cours s'implante petit à petit. Paradoxalement, les actions ne témoignent pas trop du spectre récessif induit par cet embrasement. En revanche, l'envolée du rendement des emprunts d'État à long terme montre bien que les investisseurs sont plus portés sur le risque inflationniste que la recherche de réconfort sur le souverain. Les anticipations monétaires ne disent pas autre chose. En Europe, c'est désormais la perspective d'un resserrement qui est dominante avec la quasi-certitude d'une hausse de taux d'ici la fin de l'année. Autant dire que même si la guerre devait prendre fin demain, ses effets sont d'ores et déjà à considérer dans le temps. Au-delà de la fin mars, les perturbations, la congestion des terminaux et la remise en route des infrastructures maintiendront le marché sous pression un certain temps. Pas étonnant, dans ces conditions, que l'annonce d'un déblocage de 400 millions de barils des réserves stratégique de l'AIE (soit 20 jours de dépannage), soit passée, la semaine dernière, pour une bonne blague.
Comme la semaine précédente, le conflit au Moyen-Orient a pesé de tout son poids sur les marchés financiers. Globalement, la tendance est restée la même pénalisant une fois encore actions et obligations. Seules les matières premières sont, une fois de plus, parvenues à se distinguer à la hausse. Et pour cause, après une flambée jusqu'à 120 dollars le baril (Brent) et une courte accalmie, les cours du pétrole ont conclu, vendredi, au-dessus du seuil des 100 dollars. À noter que l'or qui avait touché des sommets en début d'année, reste en marge des événements en se maintenant juste au-dessus des 5.000 dollars l'once.
C'est peut-être l'une des tendances les plus surprenantes de ce conflit sur les marchés. En dépit des inquiétudes croissantes quant à un risque inflationniste, voire récessionniste, les actions ne sont, paradoxalement, pas si impactées. Elles ont globalement bien résisté sur la semaine écoulée. Si le Japon a été plus pénalisé que les autres, c'est le MSCI UK qui sort son épingle du jeu en signant la seule hausse hebdomadaire à la faveur de la flambée des prix du pétrole. Depuis janvier, l'Asie Pacifique et le Japon demeurent en tête du palmarès.
Une fois encore le compartiment obligataire n'a pas été recherché comme actif refuge par les investisseurs qui, dans leur quête de couverture contre le risque, étaient plus portés sur des actifs liquides comme le dollar. C'est le haut rendement qui signe la plus forte baisse de la semaine. À une encablure l'investment grade n'était pas mieux loti. À présent, tous les segments obligataires sont dans le rouge depuis le début de l'année. Et, c'est désormais le high yield qui est en queue de peloton depuis janvier.
La tendance était la même sur le front souverain où, une fois encore, les craintes inflationnistes l'ont emporté sur la dynamique habituelle qui anime les emprunts d'État en tant que valeurs refuges dans ce genre de contexte. Paradoxalement, alors que l'Europe est plus exposée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la hausse des rendements a été relativement homogène de part et d'autre de l'Atlantique. Alors que les 10 ans américain et français ont grimpé de 14 pb, leur pendant allemand a pris 12 pb sur la semaine écoulée.
Une fois encore, la tendance sur le marché des changes a été essentiellement marquée par l'appréciation du dollar. Délaissant des actifs refuges traditionnels, les investisseurs porte leur intérêt sur le billet vert plus liquide que l'obligataire, le souverain où l'or. Parallèlement, l'exposition énergétique et économique de l'Europe au conflit en cours s'est traduite par un mouvement de vente sur l'euro. De sorte qu’un peu en-dessous du seuil des 1,15, la paire euro-dollar revient flirter avec ses niveaux de fin juillet.