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Entre relance budgétaire ambitieuse, dette abyssale et marché des changes fébrile, l’économie japonaise s’engage dans une voie aussi audacieuse que risquée.
Entre relance budgétaire ambitieuse, dette abyssale et marché des changes fébrile, l’économie japonaise s’engage dans une voie aussi audacieuse que risquée. Une équation complexe dont les effets se répercutent déjà sur les obligations, les devises et les marchés actions mondiaux.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 24 novembre 2025
Le Japon lance un plan de relance massif alors que sa dette publique atteint des sommets historiques.
Cette stratégie fragilise le yen et fait remonter les taux, tout en nourrissant une volatilité accrue sur les marchés mondiaux.
L’aversion au risque domine désormais les marchés, pesant sur les actions et boostant partiellement certains segments obligataires.
« Fervente groupie de Margaret Thatcher, Sanae Takaichi aurait-elle fait l'impasse sur les préceptes friedmaniens de son idole politique ? »
Depuis la semaine dernière et l'annonce de son plan de relance à 21 300 milliards de yens (117 milliards d'euros), la libérale-démocrate pourrait aisément passer pour une ardente disciple de Keynes. Qu'importe, aux grands maux les grands remèdes ! Avec une économie qui s'est contractée de 0,4 % au troisième trimestre, la priorité est de redonner du jus à la croissance. En octroyant notamment un package fiscal sous forme d'aide exceptionnelle de 20 000 yens (110 euros) par enfant ou de bons de réduction sur les factures énergétiques. L'idée est, par ailleurs, d'aider les ménages nippons à faire face à une inflation récalcitrante revenue sur les 3 % en octobre et qui ralentit le pouls économique de l'archipel. Le plan budgétaire, assure l'intéressée, est "responsable" et sera financé par des recettes fiscales - qu'elle espère en hausse - et un appel au marché obligataire.
Jusqu'ici, sur le papier, tout va bien. C'est la réalité qui est un peu plus compliquée. Car ce plan de relance n'est que le énième d'une longue série de précédents qui ont surtout permis jusqu'ici d'excaver la dette du pays jusqu'à l'asthénosphère (232 % en 2025, selon le FMI). Dans ces conditions, tout porte à croire que le pays va se financer un poil plus cher sur le marché de la dette. La semaine passée, le 10 ans japonais allait ainsi titiller ses plus hauts niveaux depuis 2008. Parallèlement, l'annonce du plan plombait le yen, revenu flirter (vendredi) avec ses plus bas face au dollar. De quoi, si la tendance se prolonge, alimenter un surplus d'inflation. Ce, sans compter, sur les effets indésirables concomitants d'une reprise de la croissance... Mais ce casse-tête nippon ne doit toutefois pas faire oublier l'envolée lyrique du marché actions japonais des derniers mois. Une tendance à mettre justement au compte d'un cocktail mêlant politique budgétaire expansive et monétaire restrictive saupoudré d'une réforme réglementaire sur la gouvernance des entreprises. Reste désormais à espérer que le sursaut de croissance souhaité par le plan de relance prolonge cette embellie.
Serait-ce le début d'une phase de consolidation ? En tout état de cause, depuis trois semaines, les investisseurs semblent clairement avoir un appétit limité pour le risque. Une tendance qui a été particulièrement marquée la semaine passée, notamment sur les marchés actions. Du reste, ce regain d'aversion a tout juste permis au compartiment obligataire de se maintenir à flot. Moins pénalisées que les actions, les matières premières n'ont pas pour autant bénéficié d'une orientation claire. À l'instar des cours du pétrole revenus sur les 62 dollars le baril (Brent) sur fond, notamment, de pourparlers de paix en Ukraine.
Manifestement, les marchés actions n'étaient pas au mieux de leur forme, la semaine passée. Et pour cause. Alors que les investisseurs semblaient résignés à faire une croix sur une troisième baisse de taux de la Fed en décembre, les bons résultats trimestriels et commentaires de Nvidia n'ont pas réussi à clamper les craintes grandissantes sur l'IA. Aucune zone géographique n'a échappé à la tendance. Si l'Asie-Pacifique a été plus sévèrement sanctionnée, les marchés américains et anglais s'en sortent mieux que les autres.
Le regain d'aversion au risque n'a donc pas profité au compartiment obligataire, les investisseurs préférant se porter sur d'autres actifs refuge. La tendance a tout juste permis à l'investment grade de se tenir à l'équilibre sur la semaine. Dans le sillage des actions, le haut rendement signe la seule baisse tandis que le court terme s'adjuge la seule hausse. Cette tendance hebdomadaire ne change toutefois rien au palmarès prévalant depuis le début de l'année qui demeure emmené par le high yield.
Le regain d'inquiétudes chez les investisseurs était en revanche plus palpable sur le front souverain. Notamment aux États-Unis où le rendement des emprunts d'État à 10 ans a reculé de 8 pb sur la semaine. La tendance était moins marquée en Europe où son pendant allemand n'a cédé qu'un petit point de base sur la semaine. À noter que, sur fond d'inquiétudes relatives à la présentation du budget (ce mercredi), le Gilt de même maturité a touché un plus haut d'un mois à 4,74 %.
Le dollar qui peinait pourtant ces derniers mois à jouer son rôle d'actif refuge auprès des investisseurs, a retrouvé son intérêt de couverture contre le risque. De sorte que l'euro a nettement reculé face au billet vert permettant à la paire de revenir sur le seuil des 1,15. Parallèlement, l'anticipation d'une baisse des taux de la BoE a pesé sur la livre tandis que l'annonce du plan de relance au Japon a eu les mêmes effets sur le yen. À noter enfin que les craintes sur l'IA ont pénalisé les cryptos - le Bitcoin étant repassé sous la barre symbolique des 90 000 dollars.