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Entre symbolique astrologique, ambitions technologiques et fragilités économiques persistantes, la Chine entame l’année du Cheval de Feu avec une dynamique contrastée.
Entre symbolique astrologique, ambitions technologiques et fragilités économiques persistantes, la Chine entame l’année du Cheval de Feu avec une dynamique contrastée. Derrière les performances des marchés et l’essor de l’innovation, la consommation intérieure et la confiance des ménages restent sous pression.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 23 février 2026
La Chine affiche une forte dynamique technologique mais reste dépendante des exportations et fragilisée par sa crise immobilière.
Les marchés financiers ont globalement progressé, portés par les matières premières et une amélioration des actions hors Japon.
Le recul du dollar et les incertitudes monétaires en Europe illustrent un environnement macroéconomique encore instable.
Du reptile à l'équidé, il n'y avait qu'un pas que la Chine a franchi sans encombre la semaine passée. Voici, désormais, l'empire du Milieu entré dans l'année du Cheval de Feu, synonyme d'énergie, d'ambition et d'endurance… Après, celle du serpent qui vient de s'achever, n'a pas forcément été un gage de régénération. Faute de mieux, elle a, au moins, tenu ses promesses en termes de croissance (5 %). Une dynamique qui, au grand désespoir de Pékin, reste subordonnée à ses seules exportations. Son excédent commercial a ainsi coudoyé les 1 200 milliards de dollars l'an dernier. Un record ! Et, par-delà, le pays surfe désormais sur l'émergence de nouveaux moteurs de performance axés sur la technologie et l'innovation. La parade de robots humanoïdes à l'occasion du Nouvel An lunaire en a été une belle illustration. Plus généralement, les réformes structurelles comptant notamment la libéralisation des marchés financiers, la modernisation de l'offre, les mesures contre les surcapacités et le soutien aux entreprises privées sont intrinsèquement de vrais boosters.
En regardant la devanture, la Chine a fière allure. Un vrai cheval de course technologique qui a pris une sérieuse avance en matière de capoeira robotisée. Mais dans l'arrière boutique, on découvre plutôt un cheval de trait. Toujours plombée par la crise immobilière des dernières années, la consommation domestique demeure prostrée. En stress post-traumatique, les ménages prudents préfèrent épargner plutôt que dépenser. Et même si les conditions s'améliorent - de façon quantique -, le moral n'est pas au beau fixe. Signe de cette morosité ambiante, l'improbable succès rencontré par le "crying horse" (peluche à la mine accidentellement chagrinée) à l'occasion du Nouvel An chinois. Un buzz commercial qui en dit long sur l'optimisme qui prévaut au sein de la deuxième économie mondiale dont la croissance ne devrait pas excéder 4,5 % cette année, selon le FMI… Pas vraiment de quoi prétendre gagner le Prix de l'Arc de Triomphe. Certes, la stabilisation de l'immobilier et l'amélioration du marché du travail laissent au moins espérer des après-lendemains qui chantent. Mais l'année du Cheval de Feu pourrait ne pas se faire peut-être au galop.
À l'opposé des deux précédentes, la tendance était plutôt à l'optimisme sur les marchés la semaine passée. Toutes les classes d'actifs ont en effet conclu dans le vert. La meilleure performance revient aux matières premières, soutenues notamment par les cours du pétrole qui semblent s'être temporairement installés au-dessus des 70 dollars le baril (Brent). Une appréciation qui tient notamment aux tensions entourant les négociations sur le nucléaire iranien. Parallèlement, les métaux précieux ont regagné le terrain perdu la semaine précédente. L'or est revenu sur les 5.000 dollars l'once tandis que l'argent est repassé au-dessus des 80 dollars l'once.
Alors qu'elles avaient signé - de loin - la meilleure performance hebdomadaire, la semaine précédente, les actions japonaises se sont adjugées, cette fois, la seule baisse. D'une façon générale, si les inquiétudes relatives à l'IA ont persisté, les résultats d'entreprises et, en fin de semaine, l'annulation des droits de douanes par la Cour suprême ont permis une appréciation globale des actions. Bien que les performances à la hausse soient serrées entre l'Europe et l'Asie-Pacifique, c'est cette dernière zone qui s'en adjuge la plus forte (malgré la semaine off des marchés chinois en raison du Nouvel An).
Preuve que la tendance générale n'était pas non plus à la sérénité, le compartiment obligataire est resté bien orienté. Scepticisme à l'égard de l'IA, tensions géopolitiques entre États-Unis et Iran mais encore certains indicateurs ont incité les investisseurs à se couvrir contre le risque. Du reste, c'est le haut rendement qui s'adjuge la plus forte hausse profitant de la nette appréciation des actions. L'investment grade n'est pas en reste et creuse un peu plus l'écart au palmarès qui prévaut depuis le début de l'année.
Sur le front souverain, les rendements des emprunts d'État à long terme ont évolué en ordre dispersé de part et d'autre de l'Atlantique. Sur la semaine, le 10 ans américain a très légèrement progressé, résultat notamment des questions relatives aux recettes futures du gouvernement fédéral après la décision l'annulation des droits de douanes par la Cour suprême. En Europe, les spéculations entourant le départ anticipé de Christine Lagarde de la BCE se sont traduites par de légères tensions sur les rendements. À l'instar de l'OAT à 10 ans qui recule de 3 pb sur la semaine.
La semaine écoulée a surtout été marquée par un recul du dollar après un mois d'appréciation. Une tendance à mettre au compte de l'annulation des droits de douanes, bien sûr, mais également d'indicateurs conjoncturels en demi-teinte. À l'image du PIB américain qui a chuté (à 1,4 %) sur un an au quatrième trimestre 2025 et d'un PCE core remonté à 3 %. Pour autant, l'euro n'en a pas profité, pénalisé par l'hypothèse d'un remaniement anticipé à la tête de la BCE. La paire se maintient, au final, sur le seuil des 1,18.