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Charlotte Peuron, gérante chez Crédit Mutuel AM, analyse le repli de l'or et la correction des minières dans un contexte de tensions géopolitiques. Derrière la volatilité de court terme, les fondamentaux de long terme offrent des points d'entrée stratégiques.
Un regain brutal de tensions géopolitiques a secoué les marchés mondiaux, entraînant un repli de l’or et une correction marquée des sociétés minières. Derrière cette volatilité de court terme, les fondamentaux de long terme restent pourtant intacts, offrant des points d’entrée stratégiques pour les investisseurs avertis. Charlotte PEURON, Gérante Actions Thématiques chez Crédit Mutuel Asset Management, fait le point.
L’attaque des installations gazières du Qatar par l’Iran a mis le feu aux poudres, et a déclenché un nouveau sell off sur les actifs risqués. Au cours de ces mouvements de ventes massives, l’or est aussi vendu pour faire face aux besoins de liquidités. Les sociétés aurifères subissent le double effet massue : baisse de l’or, baisse des cours des sociétés.
Cette fois-ci, l’effet s’est accentué du fait des bonnes performances 2025 (Or +65%, Indice +165%) et 2026 avec CM-AM Global Gold en hausse de 32% au 27 février, juste avant le début de la guerre. Les investisseurs prennent des profits là où ils sont.
Après un mois de guerre, le prix du baril s’est envolé mettant sous pression toutes les économies du monde. La volatilité actuelle du secteur n’est pas inhabituelle dans ce type de configuration.
Le jour de l’ultimatum de Trump (07/04/2026), l’or et l’indice des sociétés aurifères sont toujours en hausse de 7,7% et 10,7% en USD depuis le début de l’année.
A court terme, certains indicateurs sont moins favorables : le contexte potentiellement inflationniste recule les anticipations de baisses de taux supplémentaires notamment de la part de la Fed, et le dollar US est plus fort.
A court terme les ventes d’ETF Or et les débouclages des positions sur le COMEX¹ pèsent. Quelques banques centrales profitent des prix élevés et puisent dans leurs réserves d’or pour financer certaines dépenses (comme la Pologne et la Russie).
Cependant, après le choc, la demande physique de moyen et long terme devrait retrouver de la vigueur avec la baisse des cours.
En effet, l’accélération haussière de fin 2025 et surtout début 2026 avait freiné les achats d’or physique notamment la bijouterie, segment le plus sensible au prix. C’est aussi le cas des banques centrales dont les achats ont été aussi ralentis par les prix élevés.
En effet, les facteurs de long terme, comme la dédollarisation de l’économie mondiale, sont toujours à l’œuvre.
La guerre contre l’Iran et la « bataille pour le détroit d’Ormuz », créent de l’instabilité géopolitique, des risques économiques (stagflation, récession, ruptures des supply chains énergétiques et de l’instabilité financière qui seront favorables à l’or, l’issue et l’échéance de cette guerre restant incertaines.
L’impact de la hausse des prix de l’énergie est variable selon les mines, l’énergie utilisée dans les processus de production provenant généralement du réseau électrique du pays.
Nous avions prévu pour 2026 un coût de production (moyenne de notre portefeuille) compris entre 1700 et 1800$ l’once (contre 1540$/once en 2025), intégrant ainsi les impacts potentiels des prix de l’énergie et des réactifs.
Compte tenu du contexte et de la forte volatilité de l’or et des sociétés minières, nous avions en mars une poche importante de cash (jusqu’à 8%) que nous avons réduite récemment en profitant de la forte contraction des cours.
Nous avons notamment :
En effet, nous restons constructifs sur la tendance de l’or et sur la bonne exécution de la part des sociétés, ce qui devrait permettre une croissance des résultats et la génération de Free Cash-Flow.
¹ Commodities Exchange, bourse spécialisée dans l'énergie et les métaux précieux