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Portés par un accord commercial sino-américain et une nouvelle baisse des taux de la Fed, les marchés poursuivent leur ascension malgré une inflation persistante et des tensions sur.
Portés par un accord commercial sino-américain et une nouvelle baisse des taux de la Fed, les marchés poursuivent leur ascension malgré une inflation persistante et des tensions sur l’emploi. Une euphorie boursière qui interroge sur la soutenabilité du modèle actuel.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 3 novembre 2025
3 points à retenir :
La Fed a abaissé ses taux malgré l’absence de données économiques liées au shutdown.
L’inflation repart légèrement à la hausse, rendant incertaine une nouvelle baisse de taux.
La capitalisation record des géants américains continue de tirer les indices vers de nouveaux sommets.
À force de grimper comme ça, les indices vont finir par manquer d'oxygène à cette altitude… Du reste, contrairement aux dernières semaines où ils n'avaient pas vraiment de bonnes raisons d'aller de l'avant, sur celle écoulée, ils n'en manquaient pas. Serait-ce un véritable combo gagnant ? À commencer par l'armistice commercial sino-américain avec, à la clé, un deal qui pourrait porter le nom d'un programme humanitaire : soja contre terres rares... Mais peu importe les étiquettes. Depuis le temps que ces deux-là n’arrivaient pas à conclure, les marchés ont apprécié la lune de miel coréenne. Et puis vint l’instant Powell. D’autant plus attendu qu’en raison du shutdown qui est à quelques brasses du précédent record (35 jours), le patron de la Fed s’essayait à un blind test monétaire. Malgré l’absence de données sur l’emploi et sur l’inflation, ce dernier a donc abaissé les taux directeurs de 25 pb (graphique) les ramenant dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. Mais attention ! Il a averti la cantonade que la récréation dovish pourrait ne pas durer.
« La récréation dovish pourrait ne pas durer. »
Et pour cause. Même si les marchés n'en ont cure, l'inflation a repris du poil de la bête à 3 % en septembre. Certes en-deçà des attentes (3,1 %) mais encore loin des standards de 2 % fantasmés par la Réserve fédérale. L'éventualité d'une troisième baisse de taux repose donc entièrement sur l'emploi. Mais avec les milliers de cols blancs que les géants de la tech (Amazon) et autres (Goldman Sachs) sont en train de mettre au rancart - sur l'autel de la rentabilité générée par l'IA -, cette hypothèse est loin d'être écartée. Les montgolfières capitalistiques américaines seraient-elles en train de créer un nouveau modèle de croissance sans emplois ? L'avenir - proche - nous le dira. En attendant, ces dernières préfèrent contempler leurs aéronefs se muer en zeppelins boursiers. Dans l'ambiance exaltée de la semaine écoulée, Nvidia a dépassé pour la première fois de l'histoire des marchés les 5 000 milliards de dollars de capitalisation tandis qu'Apple franchissait les 4 000 milliards ! À ce rythme-là, le S&P 500 qui a touché un nouveau record à 6 920 points en séance mercredi, aura franchi les 7 000 points - voire les 8 000 points - avant que la France ait un budget pour 2026.
Au regard de l'actualité économique, il y avait clairement des raisons de se réjouir la semaine passée. Rien d'étonnant donc à voir les investisseurs reprendre un surplus de risque pour la route et rechercher, une fois de plus, en priorité les actions. Néanmoins, comme cela a été le cas une partie du mois d'octobre, ces derniers continuent d'avancer à couvert en sollicitant aussi le compartiment obligataire. Les matières premières s'en tirent également à bon compte avec un prix du baril (Brent) revenu sur les 65 dollars à la faveur de l'accord commercial sino-américain et des stocks de brut US en baisse.
À l'exception de l'Europe qui a terminé à contre-courant de la tendance générale (après le statu quo de la BCE), l'ensemble des marchés ont terminé dans le vert. Toutefois, les gagnants ne sont pas forcément ceux que désignait l'actualité - ce sont les actions japonaises qui se distinguent à la hausse. Pénalisé par ses "big tech" et leurs investissements toujours plus conséquents dans l'IA, le marché américain ne profite que modérément de l'accord commercial avec la Chine. Tout comme les marchés asiatiques. Au classement général, les marchés émergents font désormais la course nettement en tête.
Le compartiment obligataire parvient donc à se maintenir à flot. Une tendance qui témoigne une fois encore que, bien que appétents au risque, les investisseurs sont sur leur garde. Du reste, dans le sillage des actions, c'est surtout le haut rendement qui se distingue à la hausse. L'investment grade et le court terme ne progressent que très légèrement. Au palmarès qui prévaut depuis le début de l'année, le high yield continue de faire la course largement en tête.
Parallèlement, la semaine était plutôt à la détente sur le front souverain où les rendements des emprunts d'État à long terme ont repris un peu de hauteur. Dans le sillage de la nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed, le 10 ans américain a ainsi repris 10 pb sur la semaine. Même constat mais d'une moindre ampleur (2 pb) sur le 10 ans allemand. Plus généralement en Europe, cette tendance a été freinée par le statu quo de la BCE. En France, l'OAT de même maturité recule d'un petit point de base, signe du stress grandissant autour de l'adoption du budget
Malgré la baisse des taux, la semaine écoulée a été favorable au dollar qui s'est globalement apprécié face à un panier de devises de référence. Avec le statu quo de la BCE, l'euro n'était pas en reste, ce qui a permis à la paire de se maintenir sur le seuil des 1,16. À noter également qu'après celui de la BoJ, le yen s'est inscrit en recul.