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La société de gestion a présenté à ses partenaires CGP sa stratégie pour aborder les marchés l’année prochaine.
Il y en avait du monde à l’Automobile Club de France mardi 16 décembre ! C’est la salle choisie par Edmond de Rothschild AM (EDRAM) pour réunir ses partenaires conseillers en gestion de patrimoine. « 2025 aura une nouvelle fois mis les investisseurs à l’épreuve, a résumé Mathilde Poulmarch, directrice relation partenaire distribution. Plus que jamais, l’instabilité invite à la prudence et nécessite de fortes capacités d’adaptation pour naviguer sur les marchés ».
De la vigilance, les investisseurs n’en ont pas manqué cette année. Beaucoup se sont inquiétés des envolées boursières de certains secteurs et notamment de l’intelligence artificielle. « Oui les valorisations sont historiquement élevées », a reconnu Michaël Nizard, directeur gestions multi-assets & overlay. Il a aussi souligné la « très forte concentration des indices » et les « investissements de plus en plus circulaires, au profit d’OpenAI ». De quoi donner le ton pour l’année prochaine.
Sans sortir la boule de cristal, plusieurs éléments sont d’ores et déjà à prendre en compte pour affiner les stratégies d’investissement pour 2026. Alors que les marchés sont plus que jamais tournés vers les Etats-Unis, hypnotisés par les valeurs de l’IA, le mois de mai pourrait marquer un pivot, au moment du changement de présidence de la Fed. « La question de son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique se posera de manière permanente », a prévenu Michaël Nizard.
2026 pourrait aussi être marquée par des tentatives de stimulation de la consommation de la part de grandes économies, comme le Japon et l’Allemagne, mais aussi des Etats-Unis, où l’administration Trump évoque l’envoi d’un chèque de 2 000 dollars aux ménages.
Le pays de l’Oncle Sam pourrait aussi voir son hégémonie sur l’IA challengée. Il peut certes revendiquer aujourd’hui d’héberger la plupart des leaders du secteur, mais la Chine n’a pas dit son dernier mot et a l’avantage d’une production d’énergie plus importante sur son territoire. Cette supériorité pourrait s’avérer décisive tant le sujet énergétique deviendra prépondérant à cause des besoins toujours plus importants des gigantesques data centers en cours de déploiement. Le rapport de force entre les deux pays pourrait donc tanguer légèrement. « L’économie mondiale est à un moment charnière », a ainsi résumé Michaël Nizard.
Après une année dynamique, le crédit privé pourrait ralentir la cadence. Les défauts des émetteurs seront à surveiller de près, notamment dans l’IA. « La rentabilité des entreprises est encore incertaine. Le coût du capital devrait rester stable, voire augmenter si les taux longs montent également », a souligné Michaël Nizard. Les équipes obligataires d’EDRAM s’attendent toutefois à ce que les défauts des entreprises européennes atterrissent autour de 2,8%, soit un niveau bien en dessous des moyennes historiques.
Dans leurs prévisions, l’inflation pourrait demeurer supérieure à la cible des banques centrales américaines et européennes. « La BCE pourrait se montrer plus attentiste et la Fed plus influencée politiquement », a appuyé Julien Tisserand, gérant multi-asset, indiquant anticiper un atterrissage des taux d’intérêt directeurs autour de 3%. « 2026 devrait ressembler à 2025, a résumé Alain Krief, responsable des Gestions obligataires d’EDRAM. Il a aussi confié voir des opportunités dans les « fortes disparités » du high yield et chercher de la diversification.
Après s’être jetés à corps perdu sur les valeurs IA, les investisseurs pourraient bien revenir à la raison. Les entreprises du secteur sont confrontées à trois principales limites, d’après Jacques-Aurélien Marcireau : « Les hyperscalers commencent à avoir des difficultés pour augmenter leurs investissements, a prévenu le co-responsable de la Gestion Actions d’Edmond de Rothschild AM. La deuxième limite est la monétisation de leurs modèles : aucun d’entre eux ne veut augmenter ses prix en premier de peur de perdre des utilisateurs. Ils attendent de dominer le marché et d’asphyxier la concurrence pour pouvoir le faire. Enfin, il faudra s’assurer que la production énergétique pourra suivre le déploiement des infrastructures IA, de plus en plus énergivores ».
Face à autant de questions, les investisseurs pourraient chercher d’autres secteurs où se réfugier. « La santé est enfin redevenue investissable », a estimé Aymeric Gastaldi, gérant actions internationales. A la condition toutefois de rester très sélectif sur la chaîne de valeur (medtech, fabricants d’instruments…). « Nous avons davantage de visibilité sur les barrières douanières américaines et l’administration Trump a signé des partenariats importants avec de gros laboratoires », a-t-il encore relevé. Il a été appuyé par Jacques-Aurélien Marcireau qui a confié surpondérer la santé dans son fonds EDR Fund Big Data « pour la première fois depuis 10 ans ». Caroline Gauthier, co-responsable de la Gestion Actions a également souligné la reprise des opérations de fusions & acquisitions dans ce secteur notamment pour les biotechs françaises : « Elles ont connu une année exceptionnelle ! La santé a été le premier secteur en nombre d’opérations en 2025 », a-t-elle indiqué.
Si tous les regards sont tournés vers les Etats-Unis, l’Europe a « très bien performé cette année et 2026 devrait s’inscrire dans la même trajectoire », s’est réjouie Caroline Gauthier, co-responsable de la Gestion Actions. Une résilience d’autant plus admirable qu’elle a été faite dans un climat « d’euroscepticisme ambiant ».
Toute correction est bonne à prendre…pour les entrants. C’est le point défendu par Jean-François Félix, managing partner et PDG d’Elyan Partners. « Les transactions ont beaucoup baissé depuis 2022, ce qui complexifie les sorties. Mais les multiples d’acquisitions ont également diminué et sont quasiment revenus à leurs niveaux de 2017, ce qui crée des points d’entrée très intéressants », a-t-il soutenu.
Sur l’immobilier aussi, les gérants d’Edmond de Rothschild se veulent rassurants. « Il semble que nous soyons arrivés au bout du tunnel, a confirmé Alexis Mignonac, head of real estate investissement & business development France d’Edmond de Rothschild REIM. Les prix se stabilisent depuis un an et demi et nous voyons à nouveau des primes de risques marquées, associées à la qualité des locataires et les conditions des opérations négociées ». Il a aussi rappelé que son équipe n’investit que dans les pays européens où elle est présente et qu’elle a intégré l’ensemble de la chaîne de valeur immobilière.
Edmond de Rothschild AM a profité de sa conférence pour présenter l’offre de sa banque privée à destination des conseillers en gestion de patrimoine. Son directeur Jean-Nicolas Schweiger a détaillé l’ensemble des services qu’elle leur propose : gestions sous mandat et conseillée, ingénierie patrimoniale, courtage en assurance, financement, banque du quotidien, garantie de passif et conformité juridique. « Nous avons créé cette offre il y a trois ans pour accompagner les CGP dans les cas de cessions d’entreprise de clients ou prospects, a rappelé Jean-Nicolas Schweiger. Nous les aidons ainsi à constituer leur offre pour affronter la concurrence avec d’éventuels établissements bancaires qui voudraient se positionner ».
Deux modèles existent : apport d’affaires et convention de distribution. Si l’offre diffère en fonction de l’option choisie, dans les deux cas, le CGP reste maître de la relation client, Edmond de Rothschild n’entrant jamais en contact avec lui.