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Entre attentes fébriles, signaux contradictoires et volatilité latente, les investisseurs tentent de croire encore à un cadeau monétaire de la Fed avant Noël.
Entre attentes fébriles, signaux contradictoires et volatilité latente, les investisseurs tentent de croire encore à un cadeau monétaire de la Fed avant Noël. Une chronique où la bipolarité des anticipations donne le ton d’une fin d’année sous tension.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 01 décembre 2025
Les anticipations de baisse de taux pour décembre ont bondi de 30 % à 85 % en une semaine.
Malgré l’optimisme sur les actions, les indicateurs économiques clés ne confortent pas franchement l’idée d’un assouplissement monétaire.
Le retour prochain de la Fed et les chiffres du marché du travail seront les arbitres d’une fin d’année agitée.
Il y a des signes qui ne trompent pas. Et, en dépit d'une tendance haussière, celui que nous ont montré les investisseurs la semaine dernière n'est rien d'autre que de la fébrilité. Alors certes, en l'absence du contingent américain qui avait déserté les marchés pour farcir les dindes de Thanksgiving, il convient de ne pas tirer de conclusions trop hâtives. Mais tout de même ! La semaine précédente, en diète d'indicateurs sur la conjoncture américaine depuis 43 jours, ils semblaient égarés, résignés à ne pas avoir de troisième baisse de taux pour Noël. Ils n'étaient alors plus que 30 % (FedWatch) à croire encore que le Père Powell passerait finalement. Un taux qui est brusquement remonté en flèche à un pic de 85 % la semaine dernière sous l'effet de commentaires de quelques huiles monétaires, manifestement plus dovish que d'autres. Or, en prévision du mois qui s'ouvre, cette bipolarité manifeste n'a vraiment rien de rassurante, suggérant que cette fin d'année sera un poil agitée.
Du reste, les intervenants n'auront pas à se ronger les sangs très longtemps puisque la réunion de politique monétaire de la Fed n'est que dans dix jours. D'ici là, il y a fort à parier qu'ils se ruent sur chaque indicateur comme des enfants sur un calendrier de l'Avent. Mais toujours en prenant soin de ne voir que ce qui peut conforter leurs anticipations d'une nouvelle baisse de taux. Preuve en est qu'ils ont, la semaine passée, fait l'impasse sur les inscriptions hebdomadaires au chômage ressorties largement en-deçà des attentes à 216 000.
De toute évidence, l'inflation qui reste haut perchée - PCE core attendu stable à 2,9 % (vendredi) - ne sera pas déterminante. En revanche, l'emploi le sera.
Or si le marché du travail donne quelques signes de faiblesse, on ne peut pas dire qu'à 4,4 % en septembre le taux chômage réclame, en l'état, une nouvelle ordonnance monétaire. Reste désormais à savoir quels chiffres ressortiront du black-out administratif d'octobre et novembre. Par anticipation d'un impact du shutdown et des suppressions de postes liées à l'essor de l'IA sur le marché du travail, certains veulent en tout état de cause croire que la hotte de la Fed ne sera pas vide la semaine prochaine.
En l'absence des investisseurs américains pour cause de Thanksgiving, difficile de se faire une idée de la tendance générale haussière des différentes classes d'actifs la semaine passée. En tout état de cause, ce contexte a surtout été marqué par un net regain d'appétit pour le risque et notamment les actions. Un optimisme alimenté, outre-Atlantique, par les discours dovish de plusieurs responsables politiques monétaires. Les matières premières n'étaient pas en reste, soutenues notamment par un léger rebond des prix du pétrole (63 dollars le baril de Brent) dans un contexte géopolitique marqué par un enlisement des négociations relatives à un accord de paix en Ukraine.
Les craintes qui prévalaient la semaine précédente sur les risques d'éclatement d'une bulle de valorisation technologique et des doutes sur les intentions monétaires de la Fed en décembre, ont donc été balayées du revers de la main. À la faveur de quelques commentaires dovish, les indices actions ont repris une tangente ascensionnelle - mais dans des volumes d'échanges particulièrement réduits. Et, paradoxalement, alors qu'ils étaient désertés une partie de la semaine, ce sont les marchés actions américains qui se sont adjugés la plus forte hausse hebdomadaire.
Comme c'est souvent le cas désormais, le compartiment obligataire n'a pas subi pour autant la tendance haussière sur les actions. Loin d'être délaissé par les investisseurs qui reprenaient goût au risque, il s'est globalement apprécié. Mécaniquement, dans le sillage de la nette hausse des actions, c'est le haut rendement qui signe la plus forte hausse hebdomadaire, se maintenant ainsi largement en tête du palmarès annuel. L'investment grade n'était pas en reste non plus.
Sur le front souverain, les rendements des emprunts d'État à long terme ont évolué en ordre dispersé de part et d'autre de l'Atlantique. Aux États-Unis, le retournement des anticipations monétaires et la perspective d'une Fed plus dovish que prévu la semaine prochaine, se sont traduits par une légère détente sur le rendement du 10 ans américain. En Europe, la tendance était plutôt inverse. Si le Bund de même maturité est resté globalement stable, en arrière-plan des palabres budgétaires hexagonales, son pendant français était sur le reculoir.
Mêmes effets sur le marché des changes où le dollar s'est globalement déprécié sur fond d'anticipations monétaires plus dovish que la semaine précédente. Alors qu'il retrouvait, une semaine avant, ses attributs d'actifs refuge, le billet vert a enregistré sa plus forte baisse hebdomadaire depuis juillet, ramenant la paire euro-dollar sur le seuil des 1,16. Parallèlement, la livre a profité du soulagement général qui a accompagné la présentation du budget du gouvernement travailliste en Grande-Bretagne. Enfin, après quatre semaines de baisse, le Bitcoin est repassé (jeudi) au-dessus de la barre des 90 000 dollars.