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Alors que les tensions géopolitiques dominent l’actualité, un autre sujet financier commence à inquiéter les marchés : la dette privée américaine.
Alors que les tensions géopolitiques dominent l’actualité, un autre sujet financier commence à inquiéter les marchés : la dette privée américaine. Entre décotes préventives, pression sur la liquidité et incertitudes monétaires liées à l’énergie, plusieurs signaux appellent à la vigilance.
Le point hebdo de Pictet Asset Management daté du 16 mars 2026 par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
Des décotes préventives sur la dette privée américaine alimentent les demandes de rachats, notamment dans les fonds Evergreen exposés au secteur logiciel.
Les banques centrales devraient maintenir le statu quo monétaire, les tensions inflationnistes liées à l’énergie repoussant les baisses de taux.
La libération de 400 millions de barils de pétrole reste limitée à l’échelle mondiale, malgré un impact potentiellement significatif pour certains pays.
La guerre en Iran est sur toutes les lèvres. Mais un autre sujet commence à émerger : la dette privée américaine. Que se passe-t-il ? Plusieurs grands acteurs américains ont appliqué des décotes sur une partie de leur portefeuille de dette privée ces dernières semaines, suscitant des interrogations autour des rendements futurs. Par ricochet, cela a entraîné une hausse des demandes de rachats.
Certains fonds de dette privée, qui avaient été souvent commercialisés en mettant en avant des rendements comparables à ceux des fonds high yield sans effet de levier, ont recours à un effet de levier net supérieur à 1x, ce qui est potentiellement plus risqué.
Sont concernés par ces inquiétudes les fonds Evergreen dont une partie des capitaux a été levée auprès de particuliers et qui ont l’avantage d’offrir une liquidité périodique. Au sein de cette catégorie de fonds, ce sont ceux qui détiennent des entreprises de logiciel en collatéral qui sont les plus exposés, pour le moment.
Les décotes annoncées sont souvent préventives afin de décourager les investisseurs de sortir.
Les retraits sont plafonnés à 5% des encours, ce qui limite le rythme des sorties.
Dans le pire des cas, les maisons mères peuvent apporter de la liquidité, ce qui devrait éviter une vente en panique des actifs.
Pas de contagion à la dette privée européenne, pour le moment.
Les banques centrales sont à l’honneur cette semaine (Banque du Canada, Fed, Banque Nationale Suisse, Banque d’Angleterre et BCE). Nous nous attendons à ce que le statu quo monétaire soit maintenu à cause des incertitudes macroéconomiques liées à la situation au Moyen-Orient. La flambée des prix de l’énergie et des engrais risque de provoquer des tensions inflationnistes à court terme qui vont inciter à reporter les baisses de taux prévues. Aux États-Unis, la Réserve Fédérale américaine estime qu’en moyenne une hausse de 10% des prix du pétrole aboutit à une augmentation de 23 points de base de l’indice des prix à la consommation. Cela peut aussi faire augmenter les anticipations d’inflation. Pour l’instant, elles sont contenues. Évidemment, plus les prix de l’énergie vont rester longtemps élevés, plus cela va constituer un casse-tête pour les banques centrales alors que plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, connaissent un ralentissement du marché de l’emploi. Bonne nouvelle toutefois, nous ne sommes pas face à un scénario de stagflation, pour le moment.
Les membres de l’Agence Internationale à l’Énergie vont libérer 400 millions de barils de pétrole de leurs stocks stratégiques afin de réduire la pression sur les prix. Est-ce beaucoup ? C’est une question de perspective. Cela représente seulement 4 jours de consommation mondiale. En revanche, c’est environ 8 à 9 mois de consommation française.