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L’intelligence artificielle continue de fasciner autant qu’elle inquiète, et les marchés financiers semblent marquer une pause.
L’intelligence artificielle continue de fasciner autant qu’elle inquiète, et les marchés financiers semblent marquer une pause. Entre emballement technologique, retour des valeurs industrielles et prudence généralisée, la semaine écoulée révèle un mouvement de repli vers ce qui rassure.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 9 février 2026
L’IA ne s’effondre pas, mais son coût et ses effets destructeurs sur certains secteurs alimentent un climat de méfiance.
Les investisseurs opèrent une rotation marquée vers des valeurs jugées plus sûres, industrielles et tangibles.
Matières premières, dollar et marchés actions illustrent une prudence généralisée sans véritable retour massif à l’aversion au risque.
Serait-ce le début de la fin pour l'IA ? Autant le dire d'emblée, non. Bien évidemment ! Les seigneurs de la tech n'ont pas dilapidé des trains de milliards pour laisser en plan des pyramides algorithmiques inachevées. Surtout si l'on sait que Amazon, Meta, Google, Microsoft comptent encore y engloutir plus de 600 milliards de dollars cette année. De leur côté, les investisseurs ne les ont pas porté aux nues jusqu'ici pour s'arrêter en si bon chemin. Et, fondamentalement, la foi dans l'avènement d'une techno-révolution mondiale économiquement structurante pour des siècles, reste inébranlable.
Mais, il faut le reconnaître, le ticket pour monter dans la fusée du futur n'est plus vraiment donné. Et jusqu'ici il ne prophétise que l'obsolescence programmée de pans entiers de l'économie actuelle. La semaine passée, le lancement par Anthropic de son nouveau modèle d'intelligence artificielle (Claude Opus 4.6) affolait les marchés sur une fossilisation imminente de certains secteurs (logiciels et analyse de données). Un emballement peut-être un peu excessif qui met toutefois en évidence le sentiment que l'IA, sans même encore délivrer de la valeur sonnante et trébuchante, en détruit déjà par ailleurs.
Le contexte désormais pesant autour de la thématique impose une pause. Alors, en attendant que les "apprentis-techno-sorciers" achèvent leur huitième merveille du monde et la raccordent à la vieille économie, les investisseurs ont opéré, la semaine passée, un retour au concret. À quelque chose de plus tangible.
Dans un élan inattendu teinté de nostalgie, ils sont revenus se positionner sur des valeurs sûres. Celles qui rassurent. Des doudous boursiers, en somme. Des profils de rendement plutôt que de croissance. Des petites et moyennes capi plutôt que des grandes. Des ressources plutôt que des services. Des secteurs et des industries d'un autre temps, pourrait-on dire.
Un paradoxal retour aux sources qui a permis au jurassique Dow Jones - ascendant industriel - de franchir pour la première fois de son histoire le seuil des 50 000 points ! Porté par un Caterpillar - si, si… - en forme olympique (+7 %). Comme l'envie de ranimer la flamme chancelante d'une économie qui n'est pas encore tout à fait d'hier.
Si l'on devait synthétiser la tendance de la semaine passée, elle ressemblerait à un point d'interrogation. Ni les obligations, ni les actions ont fondamentalement pris le dessus sur l'autre pour distinguer la poursuite ou non d'une aversion au risque apparue la semaine précédente.
Au final, une seule classe d'actifs se démarque : les matières premières. Et elles le font à la baisse, en dépit d'une orientation plutôt haussière des cours du pétrole qui ont conclu la semaine au-dessus des 68 dollars le baril (Brent). Mais c'est indéniablement la chute vertigineuse de certains métaux (or et argent en tête) provoquée par la décision du CME d'augmenter les exigences de marge, qui a pesé sur la tendance.
Malgré le coup de froid qui s'est abattu sur le secteur technologique - qui pèse pour beaucoup sur l'orientation générale des marchés - les indices actions sont tout de même parvenus à terminer la semaine à l'équilibre.
Cette prouesse tient notamment à une rotation sectorielle qui a profité aux pans plus traditionnels de l'économie. Plus généralement, la prudence des investisseurs était palpable au regard de la performance des actions japonaises - au profil plus défensif - qui s'octroient la plus forte hausse hebdomadaire… Et qui caracolent désormais en tête du classement général.
Si la semaine précédente avait clairement dessiné un retour de l'aversion au risque, le constat était moins évident sur celle écoulée. Le compartiment obligataire n'a, pour ainsi dire, pas bougé témoignant du manque d'intérêt des investisseurs pour les obligations en tant qu'actifs refuges.
Alors que l'investment grade et le court terme sont restés inchangés, seul le haut rendement a légèrement frémi à la hausse. Une tendance qui laisse inchangée celle qui prévaut depuis le début de l'année, toujours emmenée par les obligations les mieux notées.
Sur le front souverain, les rendements continuent d'évoluer en ordre dispersé, voire en vents contraires, de part et d'autre de l'Atlantique. La recherche de sécurité s'est surtout faite sentir du côté américain où le rendement du 10 ans a légèrement reculé sur la semaine écoulée (5 pb).
À l'inverse, en Europe, l'orientation était plutôt à la hausse avec une semaine marquée par un nouveau statu quo de la BCE. Une tendance pour le moins timide puisque le 10 ans allemand n'a pris qu'un petit point de base hebdomadaire.
Sur le marché des changes, la semaine a été marquée par un net rebond du dollar qui a retrouvé son attrait de valeur refuge dans un contexte de prudence à l'égard des actifs risqués et à la faveur de la chute libre de l'or.
Aidé, par ailleurs, par la baisse concomitante du yen, le billet vert s'est apprécié face à un panier de devises pour revenir vers des plus hauts de quinze jours. Dans ces conditions, la paire euro-dollar qui avait franchi la semaine précédente les 1,20, est revenue sur le seuil des 1,18.
À noter enfin que les craintes liées à l'IA ont également plongé les cryptos dans la tourmente. Le Bitcoin est ainsi descendu, vendredi, sur les 61 000 dollars avant de remonter sur les 70 000.