Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis marque une rupture géopolitique majeure en Amérique latine.
La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis marque une rupture géopolitique majeure en Amérique latine. Si l’événement est spectaculaire, ses effets financiers devraient rester circonscrits, principalement à la dette vénézuélienne et à certains actifs refuges.
Une analyse datée du 8 janvier 2026 signée par Salman Ahmed, responsable mondial de la macroéconomie et de l'allocation stratégique d'actifs chez Fidelity International
L’impact de la frappe américaine devrait rester concentré sur la dette souveraine vénézuélienne, sauf scénario d’escalade majeure.
Le pétrole pourrait connaître une volatilité temporaire, tandis que l’or reste soutenu par un contexte géopolitique fragmenté.
Les actifs émergents, en particulier les obligations en difficulté, pourraient bénéficier d’anticipations de changement de régime et d’allègement des sanctions.
L’impact sur les marchés de la frappe militaire américaine contre le Venezuela devrait se concentrer principalement sur la dette du pays. Une escalade pourrait entraîner des répercussions plus larges, mais ce scénario demeure peu probable à ce stade.
Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé une frappe militaire contre le Venezuela, capturant le président Nicolás Maduro et son épouse. Ils devraient être poursuivis pour trafic de drogue devant un tribunal de New York. Le président Trump a annoncé que les États-Unis « dirigeront » le Venezuela jusqu’à ce qu’une « transition politique sûre, appropriée et judicieuse » puisse avoir lieu.
Il s’agit de l’intervention la plus directe de Washington en Amérique latine depuis l’invasion du Panama il y a 37 ans, qui avait renversé le dirigeant militaire du pays. La Russie, la Chine, le Mexique, Cuba et l’Iran ont condamné ces frappes, les qualifiant de violation de la souveraineté et du droit international, tandis que l’UE et plusieurs capitales européennes appellent à la désescalade et au respect des normes juridiques internationales.
Le Venezuela, détenteur des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, reste englué depuis des années dans un déclin économique profond et sous le poids de sanctions.
À l’heure actuelle, les marchés mondiaux n’ont pas encore pleinement intégré cet événement dans leurs valorisations.
Les cours du brut pourraient connaître une certaine volatilité, alimentée par la crainte d’une perturbation temporaire des exportations vénézuéliennes.
Si l’opération aboutit à un allègement des sanctions (fortement probable) et à une hausse de l’offre vénézuélienne sur un horizon de deux à quatre ans, c une pression baissière pourrait s’exercer sur les prix du pétrole à court et moyen terme. Ce scénario dépendra toutefois de la stabilité intérieure, des dynamiques politiques américaines et du retour des capitaux étrangers. Les actions des compagnies pétrolières américaines ont déjà bondi de plusieurs dizaines de pourcents à l’annonce de la nouvelle.
Après une hausse historique en 2025 (hausse de 60 à 70 %), l’or évolue près de ses sommets historiques, autour de 4.300 à 4.500 USD l’once, porté par des risques géopolitiques élevés, un dollar affaibli, des anticipations de nouvelles mesures d’assouplissement de la Fed, ainsi qu’une forte demande des banques centrales et des investisseurs particuliers.
La frappe au Venezuela renforce le récit d’un ordre mondial fragmenté, ce qui soutient les allocations stratégiques à l’or comme couverture face à un contexte instable.
Une correction à court terme reste possible, compte tenu du caractère déjà fortement suracheté de l’or.
Historiquement, lorsque les risques extrêmes (comme un conflit prolongé) s’atténuent, les obligations souveraines émergentes en défaut ou en difficulté connaissent souvent une forte reprise, portée par les espoirs de changement de régime, d’allègement des sanctions et de restructuration. Nous devrions observer un schéma similaire cette fois-ci : les premiers signaux indiquent que le régime actuel semble disposé à coopérer avec les États-Unis, ce qui devrait soutenir les cours des obligations.
Enfin, les menaces renouvelées des États-Unis à l’égard de l’Iran, actuellement en proie à des manifestations violentes contre le régime, méritent une attention particulière, compte tenu de l’appétit affiché par l’administration pour des actions de changement de régime.
L’impact direct devrait se concentrer sur la dette souveraine vénézuélienne et sur certaines primes de risque en Amérique latine. Sur le plan macroéconomique global, l’effet restera probablement marginal, sauf en cas d’escalade vers un conflit plus large impliquant des puissances majeures - scénario qui demeure très improbable.
Dans une perspective plus générale, la fréquence accrue de ces chocs a rendu les marchés largement résilients aux conflits localisés, sauf lorsqu’ils perturbent des routes énergétiques stratégiques ou des institutions financières systémiquement importantes à l’échelle mondiale.
Les investisseurs pourraient interpréter cet événement comme un indicateur supplémentaire d’un ordre mondial structurellement fragmenté – favorable à l’or et aux stratégies défensives, mais insuffisant pour déclencher un changement de régime dans les actifs risqués mondiaux.