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Hausse brutale du pétrole, regain du dollar et nervosité généralisée : le déclenchement du conflit au Moyen-Orient rebat les cartes économiques et financières mondiales.
Hausse brutale du pétrole, regain du dollar et nervosité généralisée : le déclenchement du conflit au Moyen-Orient rebat les cartes économiques et financières mondiales. Entre incertitudes géopolitiques et craintes inflationnistes, les investisseurs naviguent à vue.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 09 mars 2026
Le conflit au Moyen-Orient provoque une flambée du pétrole et ravive les craintes d’inflation et de ralentissement économique.
Les marchés financiers réagissent par une forte aversion au risque, favorisant matières premières et dollar.
L’incertitude sur la durée de la guerre entretient volatilité et nécessité de diversification des portefeuilles.
L'affaire sentait la poudre depuis quelque temps déjà. Forcément, avec Donald, quand les négociations dépassent le quart d'heure, ça peut vite dégénérer. Et c'est précisément ce qui s'est passé. Depuis le week-end dernier donc, le Moyen-Orient est en proie à la guerre. Et, bien sûr, en jetant une allumette dans une région aussi inflammable que stratégique, il fallait s'attendre à un retour de flamme sur les marchés. À commencer par ceux du pétrole où le baril a flambé de plus de 15 dollars la semaine dernière. Rien d’étonnant à cela, avec un détroit d'Ormuz sous la mitraille, par lequel transite plus de 20 % de la production pétrolière planétaire, la pompe régionale n’est pas loin d'être hors service. Pas de quoi chagriner les investisseurs qui roulent en Tesla mais au moins les alerter sur la tangente que pourrait prendre l'inflation et la croissance. Et, à leur suite, celle des taux directeurs de la Fed - voire, accessoirement, des autres banques centrales. La semaine passée, chacun avait ressorti sa calculatrice pour réévaluer la trajectoire du monde. Et, au son des canons, vendait tout ce qu'il y avait à vendre, à l'exception du dollar.
L'inconnue dans l'équation actuelle tient bien évidemment à la durée du conflit. Nous considérons que la hausse des cours du pétrole pourrait avoir un impact significatif sur l'inflation et la croissance au bout de trois à quatre mois. Mais est-ce qu'en pleine année de midterms et alors que l'opinion publique américaine ne partage pas forcément son goût pour les fantaisies militaires, Donald Trump souhaite-t-il vraiment s'éterniser au Moyen-Orient ? Pas vraiment, bien sûr. Surtout si l’on sait que chaque jour de guerre coûte 1 milliard aux contribuables américains. Pourtant, l’occupant de la Maison Blanche semble plus que jamais flou sur les contours de son opération. Et s’il a indiqué en début de semaine dernière que l’affaire serait pliée en quinze jours, Téhéran ne semble pas partager le même calendrier. Une incertitude sur la ligne d'horizon que les marchés détestent par-dessus tout et qui les contraint à une réévaluation constante de la prime de risque. Un exercice qui génère forcément de la volatilité mais invite surtout à rester diversifié tant entre les régions que les secteurs.
Logiquement l'ambiance n'était pas à la fête la semaine passée après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Désappointés par les conséquences de la guerre sur l'économie mondiale, les investisseurs se dégageaient de leurs positions pour se replier sur les actifs refuges et le pétrole. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les matières premières signent de très loin la meilleure performance hebdomadaire. Sur la semaine, le baril de Brent s'est apprécié de 15 dollars tandis que le WTI a bondi de près de 20 dollars. Paradoxalement, l'or était moins recherché. Les matières premières prennent la tête du palmarès annuel avec plus de 20 %.
Aucune zone géographique n'a échappé à la vague d'aversion au risque qui a déferlé sur les marchés la semaine passée. Du reste, toutes les zones n'étaient pas logées à la même enseigne. Les États-Unis s'en sortent relativement bien grâce notamment à l'appréciation du dollar. Plus globalement, les investisseurs estiment que l'économie américaine devrait être moins impactée par un éventuel choc pétrolier en raison de son indépendance énergétique. Si l'Asie-Pacifique s'en sort mieux que les autres, c'est l'Europe qui s'adjuge la plus forte baisse de la semaine.
Il n'y avait pas grand-chose pour rassurer les investisseurs la semaine passée. Pas même le compartiment obligataire qui a également plongé. Tous les segments ont terminé la semaine dans le rouge. À commencer par l'investment grade qui signe la plus forte baisse hebdomadaire. Le haut rendement n'est pas en reste et recule nettement dans le sillage des actions. Une tendance qui, malgré tout, ne change rien au palmarès qui prévaut depuis janvier et demeure dominé par les obligations les mieux notées.
Les craintes inflationnistes se sont traduites sur le front souverain par une envolée des rendements des emprunts d'État à long terme. Une tendance plus remarquable de ce côté-ci de l'Atlantique où le 10 ans allemand a pris 20 pb tandis que l'OAT s'en est adjugé 30 ! Leur pendant américain de même maturité a été plus volatil, chahuté en fin de semaine par les chiffres de l'emploi (taux de chômage remonté à 4,4 %), et ne s'octroie que 19 pb sur la semaine dernière.
Outre la flambée des cours du pétrole, c'est, bien évidemment, celle du dollar qui a marqué la première semaine de guerre au Moyen-Orient. Alors que le billet vert avait été depuis l'an dernier délaissé même durant les phases d'aversion au risque, il a indéniablement retrouvé son statut d'actif refuge la semaine passée. Bien que pénalisée en fin de semaine après la publication des chiffres de l'emploi, la devise américaine s'est largement appréciée face aux autres monnaies. Et particulièrement face à l'euro. De sorte que la paire a terminé la semaine sur le seuil des 1,16.