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L’essor de l’intelligence artificielle bouleverse les marchés financiers et ravive le souvenir de la bulle internet.
L’essor de l’intelligence artificielle bouleverse les marchés financiers et ravive le souvenir de la bulle internet. Mais contrairement aux années 2000, les géants du secteur autofinancent leur expansion grâce à des profits records. Un mouvement puissant… mais concentré entre quelques acteurs.
Le point mensuel daté du 6 novembre 2025 de Banque Hottinguer
3 points à retenir
La dynamique IA est portée par quatre hyperscalers aux bilans exceptionnellement solides.
Les investissements massifs dans les datacenters reposent sur des profits réels, non sur des promesses.
Le modèle reste circulaire : une dépendance forte entre acteurs clés pourrait fragiliser l’écosystème en cas de choc.
L’intelligence artificielle semble s’imposer comme le moteur de la dynamique boursière mondiale.
Depuis deux ans, elle alimente un engouement inédit sur les marchés financiers, concentrée autour d’une poignée d’acteurs dominants. La comparaison avec la bulle internet de 2000 s’impose naturellement : valorisations élevées, investissements massifs dans la technologie et discours sur une transformation radicale de l’économie. Mais à la différence du tournant du millénaire, la vague actuelle repose sur des fondamentaux solides et des modèles économiques rentables.
Les entreprises au cœur de cette révolution (hyperscalers) — Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta — ne se contentent plus de promettre l’avenir : elles le financent par leurs propres moyens. Elles génèrent des bénéfices record, disposent de bilans d’une solidité exceptionnelle et réinvestissent massivement dans leurs infrastructures.
Microsoft prévoit plus de 140 milliards de dollars d’investissements d’ici 2026 (+60 % sur un an) pour répondre à la demande explosive en capacités IA, alors qu’Azure progresse encore de 39 % en rythme annuel, confirmant son positionnement dans le Cloud.
Amazon suit une trajectoire comparable : AWS croît de 20% en rythme annuel, portée par les applications génératives et la hausse des investissements dédiés aux datacenters et à ses puces maison Trainium et Inferentia, symboles d’une intégration verticale accrue.
Alphabet accélère également : Google Cloud gagne 24% en rythme annuel, tiré par la montée en puissance des usages IA et la diffusion de ses modèles Gemini, tandis que la demande dépasse déjà ses capacités d’infrastructure.
Enfin, Meta poursuit sa mutation vers l’IA : avec près de 40 milliards de dollars d’investissement prévus en 2025, le groupe investit massivement dans ses modèles Llama en libre accès « open-source » et dans une architecture matérielle propriétaire, marquant une réorientation stratégique majeure.
Ces quatre entreprises concentrent aujourd’hui la quasi-totalité de la dépense mondiale en datacenters et en GPU (puce graphique). Le contraste avec la bulle internet est net : les entreprises de 2000 consommaient du capital sans rentabilité, tandis que les hyperscalers autofinancent leur expansion avec des marges supérieures à 40 % et des flux de trésorerie records.
OpenAI dépend de Microsoft, à la fois en tant qu’investisseur, client et fournisseur via Azure, créant une circularité des revenus : chacun alimente la croissance de l’autre. Ce schéma s’étend à Broadcom, Nvidia, AMD ou encore Oracle, qui fournissent ou hébergent les infrastructures nécessaires.
Une chaîne de valeur étroitement bouclée concentre ainsi les flux financiers autour de quelques acteurs clés. Si l’un d’eux fléchit — qu’il s’agisse d’OpenAI, d’un fournisseur de GPU ou d’un hyperscaler — tout l’écosystème en pâtirait.
Cette dépendance mutuelle pose la question de la résilience d’un modèle où l’équilibre repose sur un petit nombre d’acteurs technologiques mais parfaitement capitalisés ce qui leur confère toujours un attrait particulier.