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Après plus de deux semaines de frappes israélo-américaines, le conflit avec l’Iran s’enlise et fait peser de nouvelles incertitudes économiques et financières mondiales, entre.
Après plus de deux semaines de frappes israélo-américaines, le conflit avec l’Iran s’enlise et fait peser de nouvelles incertitudes économiques et financières mondiales, entre tensions sur le pétrole, risques d’extension régionale et réactions des marchés.
Le point hebdo d'Ecofi daté du 16 mars 2026 par Olivier Guillou, directeur de la gestion
La guerre évolue vers un conflit asymétrique prolongé, rendant incertaine toute issue rapide malgré la supériorité militaire de la coalition.
La menace sur le détroit d’Ormuz et la hausse du pétrole font peser des risques importants sur la croissance mondiale et l’inflation.
Les marchés financiers restent sous tension, avec des taux en hausse et des craintes accrues sur l’incertitude économique et budgétaire.
Après deux semaines de frappes sur l’Iran, la guerre asymétrique rebat les cartes de la région et questionne le scénario économique et financier.
Après plus de deux semaines de frappes aériennes israélo-américaines sur l’Iran, force est de constater que l’issue à cette guerre reste plus que jamais incertaine, non pas sur l’équilibre des forces et la supériorité de la coalition, mais bien sur la façon de conduire l’Iran à concéder l’arrêt des combats ou l’ouverture de négociations (quels buts de guerre ?), alors que ses capacités militaires conventionnelles sont détruites mais ses capacités militaires hybrides semblent suffisamment importantes pour conduire une guerre asymétrique (armes hi-tech vs armes low-cost). L’extension du conflit vise à transformer une défaite tactique en victoire stratégique.
Le scénario d’une guerre courte et d’un effondrement du régime iranien a probablement été l’hypothèse privilégiée par l’administration Trump, d’autant qu’une opportunité de frapper à la tête du régime s’est présentée. Une action limitée dans le temps (jusqu’à 4 semaines), c’était aussi le scénario privilégié par les marchés financiers, ainsi qu’Ecofi (cf. lettre du 09 mars, scénario #1). Depuis, la nature du conflit a évolué avec d’abord une régionalisation du conflit (attaques sur les pays du Golfe et de la région abritant des bases américaines, attaques des proxys sur Israël et en Irak) et désormais des menaces sur le trafic du détroit d’Ormuz, qui font peser un risque de mondialisation du conflit et une flambée du baril de pétrole, qu’une promesse de libération de stocks stratégiques n’a pas pu enrayer. Face à cette escalade, la coalition semble pour l’instant dépourvue de plan de sécurisation du trafic maritime (cf. appel de Trump à cinq pays et mobilisation des moyens de débarquement terrestre et aéroporté). En conséquence, le scénario d’un enlisement prend plus de consistance (cf. lettre du 09 mars, scénario#2), quand bien même les USA décréteraient une victoire et cesserait leurs opérations, l’Iran ne concèderait pas nécessairement la défaite.
L’envolée du prix du pétrole (brent > 100$/bl +11 % sur la semaine), les perturbations à prévoir sur les chaines d’approvisionnement (pétrole, gaz, engrais, aluminium, etc…) font peser un risque sur l’économie mondiale (à la baisse) et sur l’inflation mondiale (à la hausse), si le détroit d’Ormuz devait être entravé même partiellement. Face à cette situation, le président Trump est pris à revers et est confronté à une pression domestique plus forte (élections de mi-mandat, stock de munitions, approbation de sa base MAGA, demande de rallonge budgétaire au Congrès à prévoir alors que formellement le Congrès n’a pas acté l’entrée en guerre) avec en plus une visite en Chine le 30 mars.
Cette semaine, les tendances sur les marchés ont été clairement négatives avec la poursuite de la hausse des taux d’intérêt (le taux allemand à 10 ans se tend à 2,98 % +12bp, le taux américain à 10 ans à 4,28% +14bp) et des anticipations de resserrement monétaire (avec une hausse anticipée par le marché à horizon juillet pour la BCE). Les marchés actions font preuve de résilience notamment en Europe, même si les tendances sectorielles observées depuis fin février se prolongent. L’indice CAC40 efface ses gains initiaux pour retrouver le niveau du 9 mars. Les marchés de taux en revanche accusent le coup avec des indices crédit qui passent en négatif sur 2026, l’indice de volatilité des taux US (MOVE) continuant de se tendre. L’or consolide également à 10% de son plus haut historique.
Notre scénario d’une action militaire limitée dans le temps n’est pas abandonné. En revanche les craintes du blocage du détroit d’Ormuz (même partiel) nous amènent à être plus prudents car cela est de nature à prolonger et accentuer l’incertitude économique, budgétaire et financière.