Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Derrière la stabilité apparente des marchés, les lignes de fracture se multiplient : remise en cause du récit de l’IA, inflexions de politique monétaire et recompositions sectorielles.
Derrière la stabilité apparente des marchés, les lignes de fracture se multiplient : remise en cause du récit de l’IA, inflexions de politique monétaire et recompositions sectorielles rapides.
Une semaine charnière où la volatilité change de visage.
Le point hebdo d'Edmond de Rothschild Asset Management
Daté du 6 février 2026
Les doutes autour des besoins colossaux en investissements dans l’IA ont pris de l’ampleur, entrainant des sanctions extrêmement sévères contre les titres des géants de la tech américaine.
La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed pèse sur les actifs momentum, compte tenu de sa volonté affichée de réduire structurellement la taille du bilan de la banque centrale.
En Europe, Christine Lagarde réaffirme sa confiance dans la politique monétaire malgré une inflation en-dessous de la cible, tandis que plusieurs membres de la BCE alertent sur l’impact désinflationniste et restrictif de l’appréciation de l’euro sur les conditions financières.
Derrière l’apparente résilience des indices actions mondiaux, une rotation sectorielle brutale est à l’œuvre, avec comme principale victime le secteur de la technologie et le segment des logiciels en particulier. Les doutes déjà présents autour des besoins colossaux en investissements dans l’IA ont pris de l’ampleur cette semaine et se sont traduits par des sanctions extrêmement sévères contre les titres des géants de la tech américaine, en dépit de la publication de résultats de bonne facture.
Par ailleurs, la montée en puissance du nouveau modèle d’Anthropic et ses performances impressionnantes dans la génération de code informatique ont alimenté les inquiétudes quant à la capacité des entreprises du logiciel à y faire face, ce qui accentue le décrochage du secteur qui s’élève désormais à près de -30 % depuis le point haut d’octobre dernier.
La correction a été particulièrement abrupte sur les segments les plus exposés aux flux des particuliers, lesquels accumulent désormais des pertes non négligeables liées aussi à la chute des actifs crypto et se retrouvent ainsi contraints à déboucler des positions sur l’ensemble des actifs risqués.
Dans une moindre mesure, la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed a également pu contribuer à peser sur les actifs momentum compte tenu de ses prises de position appelant à réduire structurellement la taille du bilan de la Fed. Selon lui, le rôle de la banque centrale ne devrait plus consister à injecter des liquidités sur les marchés financiers car cela contribuerait à gonfler les prix des actifs.
Si ces propos sont de nature à questionner sur la volonté future de la Fed à intervenir en cas de stress sur les marchés, le candidat de Donald Trump se dit néanmoins favorable à la poursuite des baisses de taux directeurs afin de soutenir les conditions de financement des entreprises et des ménages.
En revanche, cet ancien gouverneur de la Fed, connu pour ses prises de position très restrictives au plus fort de la crise financière des subprimes, ne se montre plus aussi inquiet des pressions inflationnistes aujourd’hui, convaincu que les gains de productivité liées à l’IA permettront de générer une forte croissance non inflationniste.
En Europe, Christine Lagarde a réitéré son message de confiance quant à l’efficacité de la politique monétaire actuelle en dépit d’une inflation nettement en-dessous de la cible à 1,7 % en glissement annuel.
Plusieurs membres de la BCE ont toutefois souligné l’impact désinflationniste de l’appréciation marquée de l’euro, un élément à surveiller de près tant il contribue à durcir les conditions financières en zone euro. Ces dernières contribuent d’ailleurs déjà à restreindre les conditions d’octroi de crédit comme en témoigne l’enquête BLS publiée cette semaine.
Enfin, les investisseurs suivront de près le résultat des élections législatives japonaises ce week-end, lesquelles devraient renforcer la majorité parlementaire de la première ministre Sanae Takaichi, voire lui octroyer la majorité des 2/3 à la chambre basse qui lui permettrait de contourner l’opposition à la Chambre haute.
Si cela venait à se confirmer, le programme d’expansion fiscale risque d’être accentué pour stimuler la croissance nominale, une stratégie pénalisante pour le yen et les taux japonais mais qui pourrait continuer à soutenir les marchés actions locaux.
Nous restons d’ailleurs positifs sur ces derniers ainsi que sur les marchés émergents au sein de la classe actions et continuons de préférer les taux courts à la partie longue de la courbe, ainsi que le crédit Investment Grade.
La saison des résultats a continué de driver les marchés, reléguant au second plan la BCE qui a, sans surprise, maintenu ses taux jugeant l’économie robuste dans un contexte de ralentissement de l’inflation européenne.
Pour l’ensemble de l’année 2025, la croissance de l’économie de la zone euro ressort à +1,5 % avec comme principaux contributeurs la Pologne (+3,6 %) et l’Espagne (+2,8 %). En France, le PIB a progressé de 0,9 % confirmant la résilience de l’économie, tandis que l’Allemagne affiche une croissance de 0,2 % après un léger rebond observé sur le dernier trimestre.
La semaine a été marquée par différents arbitrages sectoriels, notamment au détriment des secteurs perçus comme perdants de l’IA. Les fournisseurs de services informatiques et de logiciels ont été pénalisés à la suite de l’annonce d’Anthropic.
Dans les médias, Publicis en a pâti et a adopté un ton prudent après sa publication. À l’inverse, le secteur des télécommunications gagne en crédibilité comme potentiel bénéficiaire de l’IA, susceptible de générer des gains d’efficacité et des économies de coûts, au profit notamment d’acteurs comme Orange.
Dans la santé, Novo Nordisk a été pénalisé par des perspectives jugées décevantes pour ses traitements contre l’obésité et le diabète par rapport à celles d’Eli Lilly. Novartis a profité de son côté de résultats solides associés à un discours rassurant malgré une croissance attendue plus modérée en 2026.
Du côté des banques, BNP Paribas progresse grâce à des résultats solides au T4 et à une légère révision à la hausse de ses objectifs 2028. Société Générale a publié un résultat net record, mais subit des prises de profits après la forte performance récente du titre et le manque de visibilité au-delà de 2026.
Dans l’automobile, Stellantis a annoncé environ 22 Mds€ de charges exceptionnelles et la suspension du dividende au titre de l’exercice 2025, signalant un cycle de restructuration plus profond qu’anticipé.
Enfin, la chimie a profité de l’annonce de l’achat de Sthal par Henkel, ce qui a aussi soutenu Clariant en tant qu’actionnaire minoritaire. Le secteur a également été porté par des informations de presse selon lesquelles la Commission européenne pourrait prolonger la période d’attribution de quotas de CO2 aux industriels.