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Entre inquiétudes de disruption et réalités opérationnelles plus nuancées, le secteur du logiciel traverse une phase de correction marquée par le sentiment de marché autour de.
Entre inquiétudes de disruption et réalités opérationnelles plus nuancées, le secteur du logiciel traverse une phase de correction marquée par le sentiment de marché autour de l’intelligence artificielle. Derrière la volatilité, certaines entreprises renforcent pourtant leur proposition de valeur grâce à l’IA, ouvrant la voie à des opportunités sélectives pour les investisseurs.
Une analyse de Fidelity International datée de janvier 2026, signée Hyun Ho Sohn, gérant du fonds Fidelity Funds - Global Technology Fund
La correction récente du secteur logiciel est largement alimentée par le sentiment négatif lié à l’IA plutôt que par une dégradation uniforme des fondamentaux.
Tous les éditeurs ne sont pas exposés de la même manière : les plateformes critiques, les solutions intégrées pour PME et les logiciels data-centric montrent une résilience structurelle.
Dans un contexte d’incertitude, la sélectivité et l’analyse bottom-up deviennent essentielles pour identifier les gagnants potentiels à long terme.
Les récents titres liés à l’intelligence artificielle (IA) ont de nouveau pesé sur le secteur du logiciel. Le lancement de Claude Cowork par Anthropic, un agent IA pour postes de travail, a servi de catalyseur à une forte vague de ventes dans l’ensemble du secteur des logiciels, malgré une démonstration démontrant qu’il ne constitue pas un remplacement direct des applications logicielles d’entreprise existantes. La réaction du marché a été large et indiscriminée, touchant de nombreux segments du spectre logiciel, allant de l’infrastructure d’entreprise et des outils de productivité à la gestion de la relation client (CRM) et aux logiciels créatifs. Les craintes de perturbation liée à l’IA se sont diffusées dans l’ensemble du domaine des applications logicielles, sans tenir compte des caractéristiques propres aux entreprise telles que la position concurrentielle et du modèle économique.
Ce mouvement s’inscrit dans une année déjà éprouvante pour les valeurs logicielles. Sur les douze derniers mois, le segment a nettement sous-performé le reste du marché technologique, pénalisé par des inquiétudes croissantes quant aux effets potentiellement perturbateurs de l’IA sur les modèles économiques logiciels traditionnels, ainsi que par une rotation marquée des flux vers les segments plus directement exposés aux dépenses d’infrastructure liées à l’IA, tels que les semi-conducteurs et le matériel informatique. Le sentiment de marché à l’égard du segment est demeuré négatif, à tel point que des avancées parfois marginales dans les modèles d’IA ou dans les fonctionnalités produits ont suffi à susciter des réactions boursières disproportionnées.
L’ampleur de la correction récente apparaît d’autant plus significative lorsqu’on la replace dans une perspective historique.
La correction actuelle du segment logiciel figure parmi les plus sévères en termes relatifs depuis dix ans
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Source : Bloomberg Fidelity International, janvier 2026, IGV : iShares Expanded Tech Software Sector ETF - un indice pondéré par capitalisation dédié au segment des logiciels, SPX : indice S&P 500.
Pour autant, les épisodes de sous-performance marquée reflètent souvent davantage une détérioration du sentiment qu’un affaiblissement réel des fondamentaux. Ce n’est pas la première fois que le secteur logiciel fait face à des craintes de disruption liées à l’émergence d’une nouvelle technologie. Lors de la transition des logiciels sur site vers les modèles SaaS basés sur le cloud, de nombreux acteurs établis étaient largement perçus comme structurellement fragilisés, les marchés remettant en question la durabilité de leurs revenus et de leurs marges. Dans les faits, cette transition s’est étalée sur de nombreuses années, durant lesquelles de nombreuses entreprises se sont adaptées et ont finalement émergé plus fortes. Les valorisations se sont redressées à mesure que l’incertitude s’est dissipée t que le rythme réel du changement est devenu plus lisible. Le débat actuel autour de l’IA présente des similitudes, les marchés extrapolant des risques de perturbation bien avant que le changement ne se matérialise réellement dans la technologie d’entreprise.
Un point essentiel, souvent sous-estimé lors des phases de tension sur les marchés, est l’hétérogénéité du secteur logiciel. Tous les acteurs ne présentent pas le même degré de vulnérabilité, et certains segments disposent d’une résilience intrinsèque nettement plus élevée. Les logiciels d’entreprise essentiels — en particulier les systèmes d’enregistrement, qui gèrent des données critiques et orchestrent des workflows complexes — sont parmi les plus difficiles à remplacer. Leur intégration profonde dans les processus opérationnels des clients fait que les désactiver impliquerait des risques opérationnels, réglementaires et de sécurité majeurs. Dans ce contexte, les entreprises ont tendance non pas à substituer ces plateformes, mais à adopter l’IA au travers d’elles, ce qui renforce encore leur caractère central plutôt que de les fragiliser.
Il en va de même pour les plateformes logicielles intégrées utilisées par les petites et moyennes entreprises, où la simplicité et la fiabilité sont déterminantes. À mesure que l’adoption de l’IA progresse, le besoin de gérer, surveiller et organiser les données augmente également, soutenant une demande continue pour les logiciels liés aux données et aux infrastructures.
Les modèles économiques jouent également un rôle clé. Les logiciels qui offrent une valeur élevée pour un coût relativement faible tendent à être plus durables que ne l’anticipent les investisseurs. Même lorsque l’IA propose des solutions alternatives, il existe souvent peu d’incitations à changer des outils qui fonctionnent déjà bien. Dans de nombreux cas, l’IA améliore les produits existants plutôt que de les remplacer, en particulier lorsque la tarification est flexible et liée à l’usage ou aux résultats.
Pris ensemble, ces éléments suggèrent que si l’IA est une technologie transformative qui remodelera les modèles économiques du logiciel au fil du temps, la correction actuelle dans le secteur semble toutefois excessive. Les éditeurs de logiciels établis capables de démontrer soit une réaccélération de leur croissance, soit une contribution croissante de leurs propres produits enrichis par l’IA sont bien positionnés pour émerger comme gagnants à long terme. De nombreuses entreprises de logiciels déjà bien implantées intègrent activement l’IA dans leurs plateformes existantes et commencent à monétiser ces capacités de manière tangible.
Les phases de forte anxiété sur les marchés entraînent fréquemment des distorsions de valorisation, et la correction récente du segment logiciel en constitue une illustration. Dans plusieurs cas, les valorisations actuelles impliquent un niveau de dégradation à long terme qui sous-estime la capacité des éditeurs de logiciels établis à s’adapter et à monétiser l’IA. L’exemple d’Alphabet l’an dernier rappelle à quel point le sentiment peut évoluer rapidement, la société étant passée du statut de retardataire sur l’IA à celui de bénéficiaire de l’IA à mesure que la confiance dans son exécution s’est améliorée. Une dynamique similaire a été Une dynamique comparable a été observée dans le sous-secteur des services informatiques, considéré comme un perdant structurel de l’IA jusqu’à la fin de l’année dernière, avant d’entamer une reprise modérée à mesure que le sentiment se stabilisait en 2026.
Des opportunités similaires pourraient émerger dans le logiciel, où les entreprises capables de démontrer une adoption crédible de l’IA et une réaccélération peuvent changer le narratif. Dans ce contexte, l’environnement actuel offre l’occasion de renforcer la sélectivité au sein du secteur, en privilégiant les fondamentaux de long terme plutôt que le bruit court termiste du marché.
Le portefeuille reste légèrement sous-pondéré sur les logiciels, reflétant une approche de sélection bottom-up. Le gérant de privilégie des entreprises aux fondamentaux durables et au couple rendement-risque attractif, tout en évitant les segments où la concurrence, le risque de disruption ou les valorisations paraissent moins favorables. L’objectif est de maintenir un équilibre entre discipline défensive et flexibilité offensive, en demeurant attentif dans les zones où les risques demeurent élevés, tout en renforçant sélectivement les opportunités où les dislocations de marché ont amélioré le potentiel rendement-risque.
Le logiciel constitue en lui-même un univers vaste et diversifié. Au sein du portefeuille, l’exposition comprend des entreprises actuellement perçues comme des « perdants de l’IA » : plateformes d’entreprise critiques, solutions intégrées pour les PME, logiciels data-centric entre autres. Par ailleurs, le fonds détient une exposition de long terme aux logiciels de conception, de simulation et aux logiciels industriels, étroitement liés aux tendances d’automatisation des usines. Ce segment reste encore peu digitalisé, et les acteurs qui y opèrent bénéficient généralement de barrières à l’entrée élevées, d’une expertise sectorielle profonde et de cycles de vie produits longs, ce qui atténue le risque de disruption liée à l’IA.
Au sein du segment perçu comme « perdant de l’IA », Salesforce constitue une position clé dans les logiciels d’entreprise critiques. Sa plateforme est profondément intégrée aux workflows de ses clients, avec un accès solide aux données et métadonnées, des couches d’intégration matures ainsi que des standards éprouvés de sécurité et de gouvernance. Ces atouts difficiles à répliquer renforcent la probabilité que les clients adoptent l’IA via Salesforce plutôt que de substituer la plateforme.
Intuit est également une position clé en tant que plateforme logicielle intégrée pour les PME. Celles-ci privilégient des solutions unifiées et des services tiers pour des fonctions critiques comme la comptabilité ou la conformité fiscale. Si développer un moteur fiscal basique est simple, proposer une solution fiable, conforme et mise à jour en continu est nettement plus complexe. À mesure que l’IA se démocratise, les PME devraient renforcer leur recours à des solutions tierces enrichies d’IA, intégrées à leurs workflows comptables et de back-office.
Dans l’univers des logiciels orientés données, MongoDB propose une base de données orientée documents qui aide les entreprises à stocker, organiser et récupérer de larges volumes de données applicatives, en particulier pour les logiciels modernes basés sur le cloud. Les applications d’IA nécessitent des bases de données robustes et flexibles, un domaine où l’architecture de MongoDB est particulièrement performante. L’IA renforce ainsi la valeur de plateformes de données évolutives plutôt que de les rendre obsolètes.
Comme évoqué précédemment, la volatilité récente du segment logiciel doit être replacée dans un univers technologique bien plus vaste et diversifié. Le fonds n’est pas construit autour d’un thème unique ni d’un pari directionnel : il reflète une conviction de long terme selon laquelle la technologie demeure un moteur clé de transformation industrielle et de croissance économique mondiale. Si l’attention du marché se focalise aujourd’hui sur l’IA générative, les forces structurelles qui soutiennent l’adoption technologique vont largement au-delà de cette thématique.
Le portefeuille reste ainsi exposé à plusieurs tendances de long terme où l’adoption technologique continue de progresser et où la demande demeure structurellement soutenue. Outre les bénéficiaires habituels de l’IA, le fonds est exposé aux entreprises engagées dans la migration des systèmes vers le cloud et les plateformes numériques ; aux semi conducteurs analogiques, dont la demande est portée par les cycles de produits dans l’électronique grand public, l’automobile et les marchés industriels. Le portefeuille est également exposé aux infrastructures de paiement et de fintech soutenant la numérisation du commerce, aux plateformes d’e commerce bénéficiant de la hausse de la pénétration et d’une personnalisation accrue, ainsi qu’aux entreprises technologiques tirant parti des tendances d’automatisation industrielle.
Enfin, le portefeuille couvre les segments du jeu vidéo, des médias numériques et de la distribution de contenus, où les niveaux d’engagement, les effets de réseau et les opportunités de monétisation demeurent attractifs. Ces thèmes, associés à des marchés finaux et à des cycles différents, contribuent à diversifier et stabiliser l’ensemble.
Dans un contexte de volatilité accrue, la diversification du portefeuille a soutenu la performance. En janvier 2026, le fonds a surperformé son indice, porté par l’exposition aux équipementiers de semi-conducteurs tels qu’ASMI et BESI, ainsi que par une sélection solide au sein de TSMC et Alphabet. Les sous-pondérations de Microsoft et Apple ont également contribué positivement, tout comme l’absence d’exposition à Broadcom et Palantir, qui ont sous-performé sur la période..
Ces résultats illustrent l’importance d’une approche large et équilibrée dans l’univers technologique, particulièrement lors de phases de forte dispersion. Sur le long terme, le fonds continue d’afficher une performance robuste, se classant au-dessus de 78 % de ses pairs(1) au 31 décembre 2025.
Le fonds a continué d’enregistrer de bonnes performances en janvier 2026, surperformant l’indice de référence, grâce à des positions dans d’autres segments technologiques résilients , confirmant les bénéfices d’une allocation diversifiée. ’affaiblissement récent des logiciels ne doit ainsi pas être analysé isolément. Comme souvent par le passé, le marché anticipe une disruption plus rapide qu’elle ne se matérialise réellement dans la technologie d’entreprise, où l’adoption reste progressive en raison de contraintes juridiques, réglementaires, sécuritaires et opérationnelles.
(1) Source : Fidelity International, Morningstar Direct. La performance correspond à la part A EUR. Depuis la prise de fonction (31 mars 2013) jusqu’au 31 décembre 2025. Le groupe de comparaison est le Morningstar EAA Sector Equity Technology.