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Cet article examine les débats actuels sur la mission des banques centrales, en Europe et aux États-Unis, et leurs implications sur l’économie mondiale.
À retenir en 3 points
La BCE pourrait élargir son mandat pour intégrer croissance et décarbonation, au-delà de la stabilité des prix.
La Fed pourrait revenir à son mandat originel centré sur le contrôle de l’inflation, limitant le rôle sur l’emploi.
Les décisions sur les missions des banques centrales auront un impact direct sur la trajectoire économique et la liquidité mondiale.
Les banques centrales s’interrogent sur leurs missions. En Europe, plusieurs pistes ont été formulées pour renouveler le mandat de la Banque centrale européenne (BCE) sans nécessairement modifier fondamentalement son traité fondateur.
Car si le mandat principal de la BCE réside strictement dans la stabilité des prix, son objectif secondaire, défini dans l’article 105 du traité de Maastricht¹, consiste à « soutenir les politiques économiques générales de l’Union », à savoir « une croissance durable et non inflationniste, respectant l’environnement (…), un niveau d’emploi et de protection sociale élevé ».
Sur cette base, des pistes de réflexion ont émergé :
fixation de taux d’intérêt préférentiels pour les investissements « verts »
définition d’un objectif de croissance et de décarbonation, comme l’a défendu Emmanuel Macron
La pression vers une interprétation élargie du mandat européen est sensible.
À Washington, c’est l’inverse : une initiative vise à réduire l’ampleur du mandat de la Réserve fédérale américaine (Fed). Jusqu’ici, la Fed poursuit un mandat étendu présentant deux facettes principales : contrôler l’inflation et œuvrer en faveur du plein emploi.
L’objectif du Price Stability Act, soutenu par un groupe d’élus républicains sous l’égide du président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, M. French Hill, serait de limiter son mandat au seul contrôle de l’inflation.
Cette initiative se réclame d’un retour aux sources typique du mouvement MAGA². Le mandat originel de la Fed en 1913 consistait principalement à préserver la stabilité bancaire et monétaire, face aux crises financières récurrentes. Ce n’est que dans les années 1970, avec la montée du chômage et de l’inflation, que la Fed s’est vu attribuer un objectif lié à l’emploi.
Depuis lors, la Fed doit naviguer entre ses deux mandats, parfois en sacrifiant l’un pour l’autre.
Par exemple, au début des années 1980, la hausse drastique des taux pour lutter contre l’inflation a temporairement pris le pas sur le soutien à l’emploi.
La proposition d’un retour au mandat originel présente deux avantages :
meilleure lisibilité
absence de conflit entre les deux termes du mandat
Une banque centrale ne dispose pas de leviers spécifiques en matière d’emploi, par exemple sur la formation, la fiscalité ou la politique industrielle. Pourquoi donc l’impliquer là où elle ne peut être efficace ?
Le principe « less is more » pourrait bien s’appliquer aux missions des banques centrales.
L’issue du débat n’est pas scellée, et ne le sera probablement jamais définitivement. Une dynamique fluctuante entre élargissement et rétrécissement des missions des banques centrales continuera à orienter les liquidités mondiales.
Les investisseurs doivent être particulièrement attentifs aux débats actuels. De l’évolution de cet équilibre dépendra, pour une large part, la trajectoire économique du monde.
Rédaction achevée le 03.10.2025
Disclaimer : Les opinions émises dans le document correspondent aux convictions du gérant. Elles ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de LFDE.
¹ Traité sur l’Union européenne, signé à Maastricht le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993.
² Make America Great Again