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Malgré un contexte géopolitique tendu et un choc énergétique majeur, les marchés actions américains enchaînent les records, portés par la technologie et l’intelligence artificielle. Une dynamique spectaculaire qui interroge autant qu’elle fascine.
Malgré un contexte géopolitique tendu et un choc énergétique majeur, les marchés actions américains enchaînent les records, portés par la technologie et l’intelligence artificielle. Une dynamique spectaculaire qui interroge autant qu’elle fascine.
Le point hebdo de la Financière de l'Arc daté du 20 avril 2026, par Arnaud BENOIST-VIDAL, gérant d’actifs
L’indice Nasdaq 100 vient d’enregistrer une douzième séance consécutive de hausse ce jeudi 16 avril. C’est un fait inédit depuis juillet 2017. Et qui relève de l’exploit en plein conflit au Moyen-Orient, même si cette série n’égale pas les quatorze journées positives observées entre le 25 juin et le 15 juillet 2017. Cette bonne dynamique permet au marché vedette des valeurs technologiques américaines de signer un nouveau record historique en séance à 26 400,52 points. Et de tirer l’ensemble de la cote, puisque l’indice S&P 500 est également au plus haut. Comment expliquer une telle santé insolente en plein choc énergétique ? Les investisseurs sont-ils trop optimistes, voire déconnectés de la réalité ?
Un indice boursier est la face observable de l’iceberg. En dessous du sommet de cette montagne se cachent sa partie immergée et son côté obscur. Oui, le marché américain est au plus haut, mais avec une forte dichotomie. Ainsi, depuis le début de l’opération militaire baptisée « Fureur Épique », l’écart de performances observé en sept semaines parmi les 500 plus grandes valeurs américaines est tout simplement phénoménal . Jugez plutôt : +50,19 % pour le titre Intel Corp et -31,18 % pour Estée Lauder. Par conséquent, même optimistes, les investisseurs ont ajusté drastiquement leurs positions selon l’impact anticipé du choc énergétique.
Les gagnants évidents de cette flambée des prix des hydrocarbures sont les valeurs pétrolières. Ainsi que toutes celles en lien avec le secteur de l’énergie. En Europe, ENI et TotalEnergies signent les plus belles progressions de l’indice Euro STOXX 50. Et ce, avec une performance positive de 19,07 % et 14,63 %. On trouve également des sociétés du secteur de la chimie et des fertilisants. En effet, une pénurie de brut signifie aussi une flambée des matières premières dérivées du pétrole. De ce fait, LyondellBasell Industries (+30,89 %), Dow Chemical (+29,91 %) et BASF (+9,67 %) se sont distinguées. Il est également logique que les entreprises disposant d’un fort pricing power (pouvoir de négociation) et dont les marges sont peu impactées par une forte hausse du coût des intrants, comme celles du secteur technologique, soient peu affectées par la guerre.
De surcroît, le boom de l’intelligence artificielle continue. Des signatures de contrats chez Oracle (+22,65 %) et de bons résultats chez ASML Holding et TSMC ont constitué des signaux positifs qui ont rassuré les opérateurs dans un monde très inquiétant. La thématique des semi-conducteurs, grands bénéficiaires des besoins en infrastructures pour l’IA, a été encore plus forte que celle de l’énergie. En effet, Nordic Semiconductor (+24,56 %) et STMicroelectronics (+23,08 %) figurent parmi les gagnants.
Cela fait mal pour les inconditionnels de ce secteur. Hermès International est le bonnet d’âne parmi toutes les sociétés composant l’indice Euro STOXX 50, avec une baisse de 19,25 %. Pourtant, le sellier emblématique de la rue Saint-Honoré a affiché un chiffre d’affaires consolidé en progression de 6 % à taux de change constants par rapport à 2025. Il enregistre également une croissance à deux chiffres en Amérique, au Japon et en Europe hors France. En raison d’un effet de change défavorable significatif, de l’ordre de 7 %, les revenus baissent de 1 % sur la période. Au plus bas de la séance du 15 avril, le titre accusait une baisse de plus de 14 %, avant de se reprendre.
Depuis la trêve annoncée par le président américain, qui a provoqué un mouvement massif de rachat des positions à découvert, les investisseurs veulent croire à une fin proche et heureuse de cette opération militaire. C’est effectivement prématuré. Et ce ne serait pas la première fois que les opérateurs anticipent à tort une reprise avortée ou une récession imaginaire. Cependant, pas d’excès de pessimisme non plus. Ces indices records sont tirés par des thématiques extrêmement porteuses et fortement pondérées (42 % de valeurs technologiques dans le S&P 500). Si ce poids avait été celui des valeurs du luxe, alors l’indice américain serait toujours en baisse.