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À trop focaliser sur notre telenovela gouvernementale, on en oublierait presque qu'il n'y a pas qu'en France que règnent pagaille et confusion.
Par Fidelity International
Passons, côté budgétaire, sur le shutdown américain où, dans la plus grande indifférence, les protagonistes jouent désormais dangereusement à "perdra bien qui perdra le dernier". C'est sur le front politique que l'on peut désormais se sentir un peu moins seul. Le mélodrame français n'a en effet rien à envier au soap nippon qui se joue depuis cet été au Pays du Soleil Levant. L'élection, il y a une semaine, de Sanae Takaichi à la tête du Parti Libéral Démocrate (PLD) laissait entrevoir un retour au calme. Mais, - patatra ! - vendredi, l'annonce du départ du parti centriste Komeito - pourtant allié depuis 26 ans au PLD - de la coalition gouvernementale, plonge désormais le Japon dans une cocasserie politique, tendance hexagonale. Une nouvelle donne qui suggère notamment que la future première Première ministre du pays pourrait finalement ne pas avoir l'occasion d'adopter le style capillaire de son idole politique, Margaret Thatcher.
Du reste, contrairement à la France où l'inertie politique et budgétaire commence à peser lourd, le plomb que la Dame de fer nippone a désormais dans l'aile, ne devrait pas profondément changer la face économique du Japon. Car si elle est favorable à la relance par un stimulus fiscal, au-delà, il ne faut pas s'attendre à un changement radical de politique. Forcément. Sorti miraculeusement d'une cryogénisation conjoncturelle de longue durée, le pays coule aujourd'hui des jours plus heureux sous perfusion d'un assouplissement budgétaire et d'un resserrement monétaire. Et si ce dernier est de nature à requinquer le yen, la devise n'en reste pas moins encore fortement sous-évaluée. Ce qui, en définitive, ne pèse pas sur la rentabilité des entreprises de l'archipel. Mieux. À la faveur de réformes réglementaires visant à améliorer la gouvernance de ces dernières, les actions japonaises attirent à nouveau les investisseurs. Signe de cette vitalité retrouvée, le Nikkei 225 - qui a touché la semaine dernière un plus haut historique - offre même une démonstration de performance aux indices américains. Et, il lui reste encore une bonne marge d'appréciation !
Serait-ce la fin d'un optimisme insouciant ? S'il est encore trop tôt pour le dire, les actions ont en tout cas marqué le pas, la semaine passée, pour la première fois depuis fin août après la reprise des hostilités commerciales entre Pékin et Washington. Cette nouvelle parenthèse a logiquement donné lieu à regain de défiance contre le risque, soutenant ainsi les obligations. Mais il n'a pas pénalisé les matières premières qui sont restées stables. Certes, les cours du pétrole sont retombés sur le seuil des 62 dollars le baril (Brent), pénalisés par l'accord de paix au Proche-Orient et la hausse annoncée par Donald Trump des droits de douanes sur le "Made in China". Au-delà, le compartiment est resté stable porté, entre autres, par la hausse de l'argent et du cuivre tandis que l'or a franchi pour la première fois le seuil des 4.000 dollars l'once.
Pour la première fois depuis fin août, les marchés actions signent donc une semaine de baisse. En Europe, l'inquiétude relative à l'ornière politique française et la reprise éventuelle d'une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ont refroidi les investisseurs. Et ce n'est pas un hasard si ces deux zones ont enregistré les deux plus fortes baisses de la semaine. À l'inverse, les émergents et les actions japonaises se distinguent à la hausse. Une tendance qui donne lieu à un léger changement au classement général puisque l'Europe qui en occupait la première place depuis le printemps, est désormais détrônée par les émergents.
Signe d'un regain de prudence de la part des investisseurs, la recherche de couverture contre le risque a bien évidemment porté les obligations. En tout cas, c'est sa principale poche "refuge" à savoir l'Investment Grade qui s'octroie la plus forte hausse hebdomadaire du compartiment. Parallèlement, si le court terme reste stable, le haut rendement, dans le sillage des actions, cède un peu de terrain sur la semaine. Il n'en demeure pas moins en tête du classement général qui prévaut depuis le début de l'année.
Les mêmes causes ont donné lieu aux mêmes conséquences sur le front souverain. La recherche de couverture contre le risque s'est traduite par une légère tension sur le rendement des emprunts d'État à long terme. Et, à l'encontre du décalage qui prévaut depuis quelques mois de part et d'autre de l'Atlantique, la tendance a été relativement homogène. Le 10 ans a en effet cédé 6 pb sur la semaine, de même que son pendant allemand. Malgré les incertitudes politiques, l'OAT de même maturité ne recule que de 5 pb.
Le regain général d'inquiétudes n'a pas manqué de jouer, cette fois, en faveur du dollar qui s'est apprécié la semaine passée face à l'ensemble des autres devises. Et particulièrement face à l'euro, par ailleurs, fragilisé par l'imbroglio politique français. De sorte qu'au terme de la semaine écoulée, la paire est revenue sur le seuil des 1,16. À noter, parallèlement, que l'évolution du contexte politique au Japon a pesé sur le yen.