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Sans surprise, la Banque centrale européenne poursuit une politique monétaire inchangée, privilégiant une approche prudente et strictement dépendante des données, dans un contexte.
Sans surprise, la Banque centrale européenne poursuit une politique monétaire inchangée, privilégiant une approche prudente et strictement dépendante des données, dans un contexte macroéconomique encore incertain mais jugé résilient.
Le point d'actu du 5 février 2026 d'Auris Gestion, par Thomas Giudici, Directeur de la gestion obligataire
Une BCE immobile mais confiante. Les taux restent inchangés et l’institution estime leur niveau toujours approprié face à des risques jugés équilibrés.
L’inflation sous contrôle, sous surveillance. Proche de l’objectif, elle reste observée à travers ses composantes clés : salaires et services.
Le taux de change en embuscade. Minimisé officiellement, un euro durablement fort pourrait toutefois peser sur la croissance et l’inflation.
La réunion de politique monétaire de la BCE a été parfaitement conforme au scénario attendu et, finalement, dans la continuité des précédentes : sans relief. Les taux restent inchangés (dépôt à 2,00 %, refinancement à 2,15 % et prêt marginal à 2,40 %) et Christine Lagarde n’a délivré aucun signal nouveau sur la trajectoire à venir, s’efforçant de rester la plus neutre possible. Le message central demeure inchangé : la BCE considère que le niveau actuel des taux est approprié et que les risques sont globalement équilibrés, tant du côté de la croissance que de l’inflation. En somme, pas d’engagement pour la suite et une approche strictement dépendante des données, réunion après réunion.
Sur le fond, le ton se veut rassurant. L’économie de la zone euro est résiliente, soutenue par la demande intérieure et l’investissement, malgré un environnement macroéconomique mondial toujours plus incertain, entre tensions géopolitiques et incertitudes commerciales. L’inflation est considérée comme proche de l’objectif à moyen terme et la BCE ne veut pas « être otage » d’un point de données isolé (comme l’inflation de janvier en zone euro ressortie à 1,7 %, sous la cible de 2 %).
L’attention reste concentrée sur les salaires et l’inflation des services, considérés comme les véritables moteurs de la dynamique sous-jacente.
Les risques évoqués sont classiques : tensions géopolitiques, incertitudes commerciales, volatilité des marchés et des matières premières. Ils existent, mais ne modifient pas l’équilibre général du scénario. Le sujet du change, en revanche, était sans doute le principal point d’attention de cette réunion. Christine Lagarde en a minimisé l’impact, rappelant que la BCE ne cible pas le taux de change et estimant que l’appréciation de l’euro face au dollar s’inscrit dans une dynamique déjà observée depuis mars dernier, conforme à sa moyenne de long terme et intégrée dans les modèles de l’institution.
Pour autant, un euro durablement fort n’est pas neutre. Il freine la compétitivité, pèse sur les exportations et exerce une pression désinflationniste via la baisse des prix importés. Si la récente intervention de Kevin Warsh a offert un léger répit au dollar, le « debasement trade » pourrait reprendre. Dans ce cas, la question du change pourrait rapidement redevenir centrale, car elle affecte directement les perspectives d’inflation et de croissance.