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À l’heure des publications annuelles, les marchés financiers oscillent entre euphorie et fébrilité. Derrière des résultats parfois solides, les réactions boursières interrogent sur l’état réel du.
À l’heure des publications annuelles, les marchés financiers oscillent entre euphorie et fébrilité. Derrière des résultats parfois solides, les réactions boursières interrogent sur l’état réel du cycle et sur le positionnement excessif des investisseurs.
Le point hebdo de la Financière de l'Arc daté du 2 février 2026, par Arnaud BENOIST-VIDAL, gérant d’actifs
Des prises de profits surviennent même après de bonnes nouvelles, signe d’un marché suracheté à court terme.
Le très faible niveau de liquidités dans les portefeuilles traduit une prise de risque élevée et rend les investisseurs particulièrement nerveux.
La volatilité actuelle ne signifie pas nécessairement un retournement baissier durable des marchés.
Que se passe-t-il ? C’est la saison des résultats annuels et un vent d’angoisse gagne les investisseurs. Cette période est coutumière d’une forte dichotomie de performance entre les titres de sociétés ayant surpris positivement et ceux ayant déçu.
Depuis une dizaine de jours, nous observons un autre phénomène beaucoup plus rare. A savoir celui du renversement de tendance en séance. Ainsi, les cours d’ASML, Rémy Cointreau et Lonza ont ouvert, le jour de leur publication, en nette hausse pour clôturer en baisse. Ce comportement de prise de profits sur une bonne nouvelle est symptomatique d’un marché suracheté à court terme, où le mouvement d’allègement de ses positions l’emporte sur celui de renforcement de titres dont l’activité est plutôt rassurante. Est-ce la fin du rallye haussier ?
Posséder un portefeuille d’actions équivaut à être propriétaire d’une fraction du capital des entreprises dans lesquelles on investit. C’est placer son argent dans des sociétés dont les flux de trésorerie actuels et futurs permettent d’assurer un rendement actuellement important. Ou voué à croître sensiblement.
Deux raisons pertinentes justifieraient ce comportement. La première est liée à un haut de cycle, où l’entreprise connaîtrait un pic de ses profits. Soit une capacité plus réduite à l’avenir de distribuer des dividendes à ses actionnaires. La seconde consisterait à anticiper une de hausse des taux longs. Comme ce fut le cas en 2022, dans un cycle de durcissement monétaire des banques centrales. À l’époque, l’effet négatif sur l’actualisation des flux de trésorerie était plus fort que l’effet positif de croissance des mêmes flux. Certes, les rendements à 30 ans ont connu, des deux côtés de l’Atlantique, une appréciation depuis octobre dernier (respectivement autour de 0,30 % et 0,40 % en zone euro et aux États-Unis). Cependant, leur évolution depuis le début de l’année reste assez contenue (quelques points de base). L’explication est donc ailleurs.
Selon l’enquête réalisée mensuellement par Bank of America auprès des gestionnaires de fonds mondiaux, le niveau des liquidités dans les portefeuilles est à un niveau historiquement bas, soit 3,3 % en décembre. Un chiffre trop faible pouvant constituer un signal baissier, selon la banque américaine. Cela traduit également une prise de risque importante de la part des financiers, liée à un certain optimisme quant à l’activité économique et aux profits des entreprises. Surtout aux États-Unis. Cette exposition est, selon nous, inappropriée face à la multiplication d’évènements géopolitiques, comme ceux connus depuis le début d’année, qui brouillent les perspectives et rendent incohérent cet optimisme aveugle. Trop exposés et trop nerveux, les investisseurs vendent à la moindre occasion.
C’est le double jugement pour chaque direction d’entreprise. Celui-ci intervient tout d’abord au moment de la publication des communiqués. Les premières évaluations des analystes se basent donc sur des chiffres en rapport avec l’exercice écoulé et sur les perspectives à venir. C'est la fameuse guidance ou prévision annuelle. Puis, une fois que les professionnels sont soit tendus, soit rassurés par les données fraîchement fournies, vient l’épreuve du grand oral, face à un jury plus ou moins clément ou inquisiteur, selon le contexte. Certains dirigeants ont connu la double peine cette semaine, comme ceux de SAP ou de Microsoft. Les deux sociétés ont connu une forte croissance dans le cloud, mais inférieure aux attentes. Ces corrections sont-elles justifiées ?
Nous anticipons la poursuite de cette forte volatilité ces prochaines semaines, soit au moins jusqu’à la fin de la période des résultats. Néanmoins, ces phases de marché ne sont pas forcément synonymes de tendance durablement baissière. Même si la Fed et la BCE sont en mode pause, les données économiques ne justifient pas un durcissement monétaire. Laissons donc faire les entrepreneurs, avec à la clé, une hausse des bénéfices pouvant tirer une nouvelle fois les indices au sommet.