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Entre investissements massifs dans l’IA, tensions géopolitiques et signaux économiques contradictoires, les marchés financiers naviguent dans un environnement instable rappelant.
Entre investissements massifs dans l’IA, tensions géopolitiques et signaux économiques contradictoires, les marchés financiers naviguent dans un environnement instable rappelant certaines dynamiques d’avant-crise. Croissance américaine moins créatrice d’emplois, volatilité accrue et inquiétudes sur le crédit alimentent une rotation rapide des portefeuilles.
Le point hebdo d'Ostrum Asset Management daté du 24 février 2026 par Axel Botte, directeur stratégie marchés
Une croissance américaine encore solide mais déséquilibrée, marquée par l’IA et une création d’emplois quasi nulle.
Des marchés financiers sans direction claire, avec des tensions sur le crédit et une volatilité accrue des actions individuelles.
Un contexte macro-financier fragile mêlant politique tarifaire, géopolitique et réallocation autour du rôle du dollar.
La croissance élevée mais déséquilibrée aux Etats-Unis, les problèmes de liquidité des fonds de crédit et la création et destruction de capital lié à l’IA créent un sentiment de fragilité des marchés motivant des rotations de portefeuilles rapides. La Cour Suprême juge les tarifs illégaux.
Les marchés financiers semblent perdus entre les plans d’investissement gigantesques des hyperscalers qui pèseront sur les marchés de crédit cotés et non cotés, une intervention américaine imminente en Iran et les réallocations imposées par la redéfinition du rôle du dollar. Le pétrole remonte au-delà de 70 $. Le yen faiblit de nouveau après un mauvais chiffre d’inflation nippone. Les taux longs restent proches de leur plus bas récents. Les spreads souverains ou les actions évoluent sans tendance, mais le marché du crédit est un peu moins porteur.
L’économie américaine est en expansion de 2,2 % en 2025 contre 2,8 % l’année précédente mais ne produit plus d’emplois (+15k en moyenne par mois). Les gains de productivité apparents ne semblent pas encore liés à la diffusion de l’IA, que peu d’entreprises savent rentabiliser à ce stade. Ils relèvent davantage des effets de bord de la croissance effrénée du secteur technologique qui accapare beaucoup de ressources physiques et financières au détriment du reste de l’économie frappé par l’incertitude tarifaire. La croissance s’affiche à 1,4 % au 4ème trimestre. Le shutdown gouvernemental qui a paralysé les services fédéraux pendant 43 jours semble avoir coûté 1 pp de croissance. Les ventes finales au secteur privé sont en effet en hausse de 2,4 %. L’investissement productif en technologie en est le moteur mais le déficit extérieur se creuse de nouveau. La politique tarifaire n’a pas permis de réduire le déficit extérieur sur l’ensemble de l’année. La consommation des ménages a ralenti en fin d’année et l’inflation reste élevée (3 % sur le déflateur hors énergie et alimentaire). Le déflateur du PIB progresse au rythme annualisé de 3,6 % au dernier trimestre. En zone euro, la reprise économique allemande transparait dans les enquêtes PMI de février. Les commandes à l’industrie ont bondi en fin d’année dernière et l’activité répond au stimulus budgétaire. Les hausses de salaires négociées terminent sur une note positive à 2,95 % au 4ème trimestre. Ce rebond intervient plus tôt que prévu par le wage tracker de la BCE.
Les marchés d’actions occidentaux évoluent sans tendance. L’IA constitue un problème existentiel pour certains secteurs, si l’on en croit l’action des prix. Ce caractère disruptif fait monter la volatilité des actions individuelles mais les indices VIX et V2X avoisinent 20%, loin des niveaux de panique boursière. Le Nasdaq abandonne 1 % sur la semaine. Le rebond du dollar et les signaux de reprise amortissent le choc sur les indices européens (+1,8 %), grâce aux valeurs bancaires et cycliques. Cependant, depuis le début de la saison des résultats, les publications meilleures qu’attendu ne garantissent pas une réaction positive des cours. C’est un signe de fragilité ou de sélectivité accrue de la part des investisseurs. Les problèmes de liquidité des fonds de crédit privés sont un motif supplémentaire d’anxiété. Sur les marchés de taux, le T-note (4,07 %) se maintient à bonne distance du seuil de 4,20 %, la borne basse de sa précédente dérive latérale. La rechute du 30 ans japonais revenu de 3,86 % à 3,31 % en l’espace d’un mois a initié un fort aplatissement des courbes, sur les principaux marchés. L’aplatissement est renforcé en Australie par des données de chômage qui valident le scénario de resserrement monétaire attendu. Les spreads souverains et de crédit résistent, malgré un marché primaire plus lourd.